La guerre du Hamas contre le Conseil de paix de Trump

La guerre du Hamas contre le Conseil de paix de Trump

par Khaled Abu Toameh

Quelques jours avant que le groupe terroriste ne lance sa dernière campagne contre le Conseil de la paix, une importante délégation du Hamas s’est rendue à Téhéran et a rencontré de hauts responsables iraniens, dont le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le président du Parlement Mohammed Bagher Ghalibaf.

L’Iran encourage-t-il le Hamas à résister ou à retarder la mise en œuvre du plan de paix américain pour Gaza, notamment l’exigence que le Hamas rende ses armes et renonce au contrôle de la bande de Gaza ?

Les déclarations du Hamas lui-même laissent entendre que le groupe terroriste est de plus en plus mal à l’aise face à la direction prise par le processus de paix de Trump.

Ahmed Fouad Alkhatib, éminent analyste politique palestinien, a écrit dans le New York Times que la bande de Gaza devrait devenir « la fierté du peuple palestinien » et un modèle d’autonomie palestinienne effective. Il a également appelé à une déradicalisation en profondeur dans les écoles, les mosquées, les médias et le débat public.

Alkhatib a affirmé que Gaza ne pouvait avoir d’avenir tant que le Hamas resterait au pouvoir, a appelé à l’exclusion du Hamas de la gouvernance, a rejeté la glorification de la « résistance » et a déclaré que Gaza avait besoin d’une déradicalisation dans ses écoles, ses mosquées, ses médias et son discours public.

Alkhatib ne se contentait pas de critiquer le Hamas ; il plaidait pour une Gaza sans domination du Hamas, sans ses armes et sans l’idéologie qui a entretenu son pouvoir.

Le Hamas n’a pas accueilli favorablement ces idées.

Ce groupe terroriste ne se contente pas de s’opposer à des politiques spécifiques. Il semble s’opposer à l’idée même que les Palestiniens – en particulier ceux vivant dans la bande de Gaza – puissent commencer à discuter d’un avenir sans domination du Hamas, sans « résistance » armée et sans l’idéologie qui a plongé la bande de Gaza dans des décennies de guerre et de destruction.

Le Hamas souhaite faire croire à la communauté internationale qu’il est prêt à participer à un nouveau processus politique. Parallèlement, il continue de défendre ses armes, son idéologie et sa prétention à représenter les aspirations nationales palestiniennes.

La réaction du Hamas démontre également que ce groupe terroriste n’a pas changé. Le Hamas veut faire croire à la communauté internationale qu’il est prêt à participer à un nouveau processus politique. Pourtant, il continue de défendre ses armes, son idéologie et sa prétention à représenter les aspirations nationales palestiniennes.

La question centrale est donc de savoir si le Hamas est réellement prêt à faire ce qu’on lui demande : désarmer et renoncer au contrôle de la bande de Gaza.

Depuis des années, le Hamas parvient à transformer chaque discussion sur ses armes en discussion sur Israël.

Cette réaction est précisément le problème. Le Hamas souhaite profiter des avantages du nouveau cadre politique sans en accepter les obligations les plus importantes. Il aspire à la reconstruction, à la reconnaissance internationale, à une influence politique et à un rôle dans la définition de l’avenir de Gaza. Pourtant, il ne semble pas prêt à accepter la condition fondamentale d’un avenir pacifique : que Gaza ne puisse rester sous le contrôle d’une organisation terroriste armée.

La question que Trump et le Conseil pour la paix devraient désormais se poser est simple : quand le Hamas rendra-t-il ses armes ? Si le Hamas refuse, pourquoi le Conseil pour la paix continue-t-il de négocier avec lui comme si le désarmement n’était qu’un point parmi d’autres à l’ordre du jour diplomatique ?

Les attaques du Hamas contre le Conseil de la paix ne doivent pas être perçues comme un simple désaccord diplomatique. Elles constituent un avertissement clair : le Hamas n’a aucune intention de disparaître discrètement du paysage politique et militaire de Gaza. Le groupe terroriste signale ainsi qu’il résistera à toute tentative de le désarmer, de le destituer ou de remplacer son idéologie de « résistance » par un programme de reconstruction et de déradicalisation.

En s’attaquant au Conseil de la paix, le Hamas s’en prend également à ses membres, notamment le Qatar, la Turquie et le Pakistan, pays qui semblent pourtant entretenir des relations étroites avec lui. Pourquoi ces pays restent-ils silencieux ? Si le Qatar, la Turquie et le Pakistan soutiennent réellement le nouvel accord sur Gaza, ils devraient exiger du Hamas qu’il cesse de se dérober à ses responsabilités et qu’il honore ses engagements.

Le Conseil de la paix ne devrait pas servir de tribune au Hamas pour exiger l’immunité de ses commandants, notamment ceux impliqués dans le massacre du 7 octobre. Le Conseil de la paix ne devrait pas être une institution dont la seule mission serait d’empêcher Israël de poursuivre les terroristes qui continuent de menacer ses citoyens. Le Hamas semble croire que le Conseil de la paix existe pour contenir Israël tout en protégeant le groupe terroriste.

Le Hamas, semble-t-il, ne souhaite pas renoncer au plan de paix et à la feuille de route du Conseil de la paix. Au contraire, il veut les redéfinir, passant d’un processus de désarmement à un processus de protection du Hamas.

Khaled Abu Toameh est un journaliste primé basé à Jérusalem.

JForum.fr avec gatestoneinstitute.org
Photo : La délégation du Hamas rencontre M. Araghchi à Téhéran le 2 septembre 2026. (Source : Ministère iranien des Affaires étrangères)

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