Pendant que le monde a les yeux rivés sur l’Iran, la Chine s’empare d’une île au large du Vietnam
Elena Gillet
La Chine s’est emparée d’une île en mer de Chine méridionale sans tirer un seul coup de feu. Cette île artificielle, située à 400 kilomètres au large des côtes vietnamiennes, a été créée à une vitesse stupéfiante.
Cette nouvelle île artificielle se trouve dans le récif d’Antelope, revendiqué par la Chine, Taïwan et le Vietnam. | Dmitriy Ryndin via Pexels
Le monde est resté bien silencieux vis-à-vis de cette initiative chinoise. Alors que l’Iran et le détroit d’Ormuz retiennent toute l’attention de la communauté internationale, la Chine s’est munie de dragues pour creuser une île artificielle au large du Vietnam. C’est d’ailleurs ce dernier qui a protesté le premier officiellement en mars, plus de cinq mois après le début des travaux.
Comme elle le fait aux Philippines depuis des années, la Chine mène une guerre juridique et s’entraîne à la guerre cinétique au vu et au su de tous. Pourtant, aucun pays ne s’oppose aux actions de la Chine dans le récif d’Antelope afin d’éviter une nouvelle crise en mer de Chine méridionale –et d’empêcher la Chine d’obtenir un avantage militaire dans ses velléités d’invasion de Taïwan. Forbes revient sur cet événement passé quasi-inaperçu.
Revendiqué par la Chine, Taïwan et le Vietnam
Ce récif est un relief sous-marin situé dans l’archipel des îles Paracels, contrôlées par la Chine depuis 1974, date à laquelle elle les a saisies au Sud-Vietnam. Le récif d’Antelope est ainsi revendiqué par la Chine, Taïwan et le Vietnam.
Au niveau du droit international, les rapports divergent quant à savoir si Antelope est un rocher ou un récif. Mais, quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas d’une île qui donnerait légalement lieu à une mer territoriale de 12 milles marins (soit 41 km2) et à une zone économique exclusive (ZEE) de 200 milles marins (685 km2).
La Chine revendique le récif d’Antelope en se fondant sur une interprétation illégale de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), connue comme la «Constitution des océans». En vertu de la CNUDM, le statut juridique d’une formation est figé à son état antérieur à toute remise en état. En d’autres termes, la Chine ne peut pas construire une île sur le récif d’Antelope puis prétendre qu’elle détient –puisqu’il s’agit désormais d’une île– des droits souverains sur toutes les ressources économiques de la ZEE environnante.
D’autres activités similaires de construction d’îles menées par la Chine ont été jugées illégales au regard de la CNUDM. Entre 2013 et 2015, elle s’est livrée à d’importants travaux de remblayage dans les îles Spratleys, construisant sept îles artificielles, principalement dans des zones revendiquées par les Philippines et le Vietnam.
En 2016, dans une décision arbitrale historique opposant les Philippines à la Chine, un tribunal a estimé que le dragage à grande échelle, qui a causé une destruction massive des récifs coralliens, violait les obligations de la Chine relatives à la protection et à la préservation du milieu marin.
JForum.fr avec Slate.fr
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