La banque centrale d’Israël freine l’augmentation du Shekel

En mai dernier, la Banque centrale d’Israël est intervenue sur le marché des changes en achetant 801 millions de dollars, une première depuis 2022, afin de freiner la forte appréciation du shekel. Cette action vise à garantir le bon fonctionnement des marchés face à une monnaie locale au plus haut depuis 33 ans contre le dollar. Cette montée du shekel, qui a gagné près de 20 % en un an, pèse lourdement sur les exportations et l’emploi dans le secteur technologique, deux piliers essentiels de l’économie israélienne.

L’appréciation du shekel complique la compétitivité des exportateurs et pousse les entreprises technologiques à délocaliser leurs recrutements et centres de recherche à l’étranger. Cette dynamique inquiète les acteurs économiques, qui reprochaient à la Banque centrale une certaine inertie face à la montée du shekel. L’intervention, qui semble avoir eu lieu fin mai lorsque la monnaie locale est brièvement tombée sous la barre des 2,80 NIS pour un dollar, a permis d’affaiblir le shekel de 4,6 % la semaine suivante, le taux s’établissant autour de 2,94 NIS pour un dollar.

Parallèlement, la Banque centrale a abaissé ses taux d’intérêt de 4 % à 3,75 % fin mai, marquant la deuxième baisse de l’année. Cette politique monétaire accommodante vise à soutenir l’économie tout en tenant compte des risques géopolitiques et économiques, notamment la guerre, les fluctuations des prix de l’énergie et les tensions régionales. Le gouverneur Amir Yaron a indiqué que d’autres baisses de taux pourraient suivre si l’inflation continue de diminuer, ce qui renforcerait la capacité de la banque à intervenir sur le marché des changes.

La situation présente un dilemme pour la Banque centrale : un shekel trop fort freine la croissance économique en réduisant la compétitivité des exportations, mais une monnaie trop faible pourrait alimenter l’inflation. Pour l’instant, l’inflation reste modérée, autour de 1,9 % en avril, bien en dessous de la cible officielle. Les experts estiment que les achats de devises étrangères sont nécessaires pour contenir l’appréciation du shekel, car les baisses de taux seules ne suffiraient pas.

En résumé, la Banque centrale d’Israël a adopté une posture plus proactive pour limiter la hausse du shekel, consciente des risques pour l’emploi et la croissance. Cette stratégie combine achats de devises et ajustements des taux d’intérêt dans un contexte économique et géopolitique complexe. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité de ces mesures sur la compétitivité des exportateurs et la stabilité économique du pays.

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