Pour qui l’ignore, lors du tournage d’une finale de « Drag Race France », deux couronnements sont mis en boîte. Cela évite ainsi les fuites avant la diffusion. Lana Cotta et Daisy Superbitch ont donc dû attendre ce jeudi soir pour découvrir laquelle des deux avait emporté la saison 4, dont l’enregistrement s’est déroulé vendredi au Grand Rex. La révélation a eu lieu pour elles lors de la soirée officielle organisée au Yoyo, le club du Palais de Tokyo.
Après avoir appris qu’elle était et restera la queen couronnée, Lana Cotta, a fait un discours devant la foule du Yoyo et a remercié le public pour son soutien. L’artiste de 23 ans a aussi évoqué 2027, la « dure année qui arrive » avec l’élection présidentielle. « La solution n’a jamais été et ne sera jamais, ô grand jamais, à droite », a-t-elle déclaré sous les applaudissements.
Ce vendredi matin, 20 Minutes l’a jointe par téléphone alors qu’elle n’a dormi qu’une petite heure. « L’adrénaline, ça galvanise », sourit-elle.
Au Yoyo, lors de l’annonce du résultat, vous êtes restée presque impassible, avec une joie très contrôlée. A quoi avez-vous pensé à ce moment-là ?
C’était très fort en émotion. Je crois que j’ai fermé les yeux pour apprécier ce moment. C’était peut-être un peu égoïste de ma part, mais ça n’arrive qu’une fois dans une vie, alors j’avais besoin de garder pour moi ces trois ou quatre secondes où je comprends que j’ai gagné. J’ai vu toutes mes copines hurler, c’est un moment assez fou.
Qu’est-ce que « Drag Race France » vous a appris sur vous ?
C’est une compétition, donc ça nous pousse dans nos retranchements, ce qui fait que c’est super parce qu’on évolue très vite. On participe à des challenges qu’on n’a pas l’habitude de faire dans la vie de tous les jours. Je fais principalement de l’effeuillage burlesque sur scène et pas des girls band ou des « musidrag »… C’est ça qui est excitant et fun, on apprend en concourant.
Quelle reine du drag français allez-vous être lors de cette année de règne ?
Au-delà de l’ultra-visibilité que je vais avoir et qui, sans se mentir, nourrira aussi mes projets personnels de scène et autres, je vais représenter le drag français en France et à l’international. C’est une grosse responsabilité que j’assumerai avec grand plaisir. C’est assez fou de se dire ça, de le dire à voix haute. Je représente aussi un registre qu’on n’a jamais vu encore dans l’émission, y compris dans les autres adaptations internationales. Je viens du cabaret français et de l’effeuillage burlesque qui n’ont pas forcément les mêmes codes que le drag. Les attentes ne sont pas toujours au même endroit. C’est aussi peut-être notre responsabilité en tant qu’entertainer à la télé : montrer autre chose.
Lors de votre discours après le couronnement, vous avez évoqué la présidentielle de 2027…
Mon intention, ce n’est pas de crier pour qui voter. Je ne compte pas forcément porter un projet politique, ce n’est pas mon métier. Mon boulot, c’est d’être sur scène et de divertir les gens. Mais en tant que drag queen, je me dois aussi de représenter la communauté queer et d’alerter les gens sur les conditions de vie des personnes LGBT+. Parce qu’en 2026, on meurt encore sous les coups de l’homophobie, de la transphobie. Tout n’est pas réglé.
Vous avez vous-même évoqué au cours de la saison les violences homophobes que vous avez subies dans le cadre professionnel…
J’ai pu en parler parce que, pour moi, c’était réglé, c’était du passé. Je l’ai fait en me disant qu’il y avait peut-être des personnes en train de vivre ce que j’ai vécu et qui me regardaient à la télé. Moi, à l’époque, j’aurais aimé voir un tel témoignage à la télé.
Vous croulez sous les messages du public ?
Effectivement ! C’est compliqué parce que je ne peux plus trop répondre à tout le monde. Mais ce n’est que de l’amour. C’est assez fou, tous ces gens qui me déclarent leur flamme. Il y a aussi des messages très touchants, des témoignages de parcours de vie qui sont parfois très durs, de gens qui se reconnaissent dans mon parcours. Je me dis que je n’ai pas fait tout ça pour rien.
La tournée « Drag Race France Live » sera lancée au Casino de Paris le 24 septembre… A quoi peut-on s’attendre ?
Je ne peux pas tout vous dire, mais je peux révéler qu’on a bientôt fini toute la mise en scène. On va commencer à entrer en studio de répétition. Quand je vois ce que [le directeur artistique] Thomas Jolly nous a préparé, c’est une tournée comme on n’en a jamais vu.
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D’anciennes candidates de « Drag Race » ont sorti des albums, crée des shows, se sont lancées dans le stand-up… Quels sont vos projets à vous ?
Mes projets resteront sur scène quoi qu’il arrive. Mon drag est né sur scène et il mourra sur scène, que ce soit avec un micro à la main ou pendant mes effeuillages. Là, j’ai l’opportunité de faire tout plus gros. J’ai déjà tout de prêt dans ma tête, je n’en dis pas plus pour le moment.
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