Et si être fan était un acte culturel… Alors que Japan Expo célèbre cette année son 25e anniversaire, le festival crée l’événement en lançant une grande nouveauté : la zone Oshi Para. Véritable pont culturel entre la France et le Japon, cet espace inédit de plus de 400 mètres carrés a réussi le pari d’importer et d’adapter un usage typiquement nippon : l’« Oshi Katsu », ou l’art de soutenir son artiste ou son personnage favori.
À l’origine de cette initiative, il y a la volonté d’importer en France les traditionnels « tokutenkai », ces événements spéciaux organisés juste après les concerts pour permettre aux artistes de rencontrer leur public. Si la pratique existait parfois de manière informelle à la Japan Expo, l’organisation a choisi de la structurer. « Certains artistes faisaient déjà ces rencontres dans leur coin, mais cela posait de réels soucis logistiques, notamment pour la gestion des paiements. Par souci de clarté, nous avons fait le choix de la pédagogie en centralisant l’intégralité du dispositif », explique Brendan Nédélec, en charge de l’espace Oshi Para.
Une démarche qui peut surprendre
Ces rencontres diffèrent selon les disciplines. Pour les artistes musicaux, elles se déroulent généralement autour de tables de rencontre : les fans achètent un CD, une serviette ou un produit dérivé, puis en profitent pour échanger quelques mots et partager leurs impressions. Pour les « idoles », la tradition s’oriente plutôt vers l’achat d’une séance photo. Brendan Nédélec justifie cette pratique :
« C’est une démarche qui peut surprendre le public occidental, mais où les passionnés n’achètent pas seulement un cliché : ils s’offrent avant tout un moment privilégié d’échange et un moyen de soutenir directement leur membre préféré. À l’ère du numérique, où la société tend parfois à se déconnecter des relations humaines directes, cette facette de la culture japonaise préserve un lien authentique, fait de convivialité, de souvenirs précieux et de proximité réelle entre l’artiste et sa communauté. »
Pédagogie et bienveillance au cœur de l’allée
Forcément, voir des grappes de fans attendre patiemment, et souvent très très longtemps, dans les files d’attente pour une photo ou un autographe intrigue les visiteurs néophytes. La zone Oshi Para a donc été pensée pour être aussi accueillante que pédagogue. « Le projet se développe petit à petit et suscite de moins en moins de questions, mais une partie du public n’a toujours pas l’habitude de ces codes, explique Brendan Nédélec. La question récurrente, c’est simplement : « Qu’est-ce qu’il se passe ? » Les gens s’approchent naturellement, fascinés de voir ces artistes magnifiquement habillés. »
Pour accompagner les curieux, l’organisation mise sur la bienveillance. « Nous prévoyons du personnel français qui est spécifiquement là pour accompagner les publics curieux. » L’espace lève ainsi le voile sur des rituels qui, pour les passionnés, se vivent déjà au quotidien : écouter la musique de son « oshi », porter son T-shirt, ou encore emporter sa peluche pour la photographier dans de nouveaux décors…
Un temple de l’immersion aéronautique et mécha
Pour cette grande première, la zone Oshi Para a d’ailleurs déployé une scénographie particulièrement ambitieuse et créative. L’espace s’organise autour de trois zones de rencontre, quatre studios photo et une boutique. Cette année, la thématique choisie est l’aéronautique, matérialisée par un espace « Japan Expo Airlines ». L’immersion y est totale, avec trois cabines aux ambiances différentes pour les séances photos, des tickets d’attente sous forme de boarding pass et un espace hangar directement inspiré d’un entrepôt de mecha, clin d’œil appuyé aux univers de Gundam ou Evangelion.
Pour cette édition inaugurale, l’affiche est riche : l’espace accueille une vingtaine d’artistes musicaux, sept mascottes (donnant lieu à des produits exclusifs en collaboration), ainsi que des catcheuses. Ces dernières, représentantes de la version japonaise du pro-wrestling, apportent un style unique, fun et déjanté, s’affrontant sur un véritable ring. Les photos promettent d’être mémorables…
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« C’est aussi un acte commercial, une expérience premium, conclut Brendan Nédélec. Nous voulons donc que l’expérience soit complète, que le décor et le concept soient les plus poussés possible. » À terme, l’ambition de Japan Expo est d’y intégrer des VTubers ainsi que des collaborations d’envergure avec des licences d’anime, de jeux vidéo et d’autres univers de la pop culture japonaise. Une promesse d’avenir pour un espace qui prouve déjà que la dévotion d’un fan est un art qui se cultive avec passion.
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