Bien plus qu’une joker. Présentatrice de JT, grande reporter, cheffe du pôle News de la rédaction de M6, Cyrielle Stadler est une journaliste tout-terrain. Cet as de l’info est devenu, en l’espace de dix-huit ans, un visage familier de l’information sur la Six.
Avant de retrouver le plateau du « 19 : 45 », ce lundi, Cyrielle Stadler a joué cartes sur table, revenant pour 20 Minutes sur son parcours et sur les exigences de ses fonctions.
Un documentaire sur le Tchétchénie
Née en 1985 à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), Cyrielle Stadler a vu naître sa vocation à l’adolescence. « J’étais en Troisième, se rappelle-t-elle. J’avais vu un documentaire sur la guerre de Tchétchénie, qui était alors en cours. Ce film m’a beaucoup marqué, me disant que c’était ce métier de journaliste-reporter que je voulais faire. » Celle qui a grandi avec une mère institutrice puis directrice d’école, un père ingénieur et une sœur dont elle est très proche, Cyrielle Stadler décide de donner un cap à son dessein professionnel en quittant l’Ile-de-France. « J’ai passé le concours de l’IJBA [Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine], et ça avait bien matché avec deux profs à l’oral, se souvient-elle. J’avais pu leur parler de la Tchétchénie. » De l’école à la télé, la jeune femme franchit vite le pas.
En 2008, Cyrielle Stadler met un pied au sein de l’ex-petite chaîne qui monte. « J’ai grandi avec M6, remarque-t-elle. Pendant mes stages à l’école, j’ai fait M6 Bordeaux, M6 Toulouse… On pouvait faire à la fois de la caméra et de la rédaction. Cela me plaisait beaucoup. Puis, j’ai rejoint M6 Paris à la pige d’abord, puis en CDD avant de passer en CDI. Aujourd’hui, cela fait dix-huit ans que je suis chez M6. » En presque deux décennies, Cyrielle Stadler y a multiplié les expériences. « J’ai commencé à la caméra, puis j’ai été rédactrice avant de partir en mission, pour faire des duplex », énumère-t-elle.
« J’ai été sur la place Maïdan »
En 2013, Cyrielle Stadler se mue en grande reporter, son rêve d’adolescente. « Je n’avais qu’une envie, aller sur le terrain pour voir comment ça se passait, confie-t-elle. J’ai commencé par la guerre au Mali. La France était alors engagée dans l’opération Barkhane [menée au Sahel entre 2014 et 2022]. Puis, j’ai été sur la place Maïdan à Kiev [théâtre de violences lors de la révolution ukrainienne], le 20 février 2014. J’ai également fait l’Irak, la Libye, le Tchad, le Niger, le Nigeria. Plus récemment Israël, pour l’attaque du 7 octobre 2023. »
D’expériences de terrain périlleuses à plus d’un titre. « Au moment de l’attaque du 7 octobre, un journaliste est parti par la Bosnie, un autre par la Jordanie et moi par la Turquie, détaille-t-elle. Il y avait alors une pluie de roquettes sur Ben Gourion, un aéroport situé près de Tel Aviv. On est tous arrivés, pour une mission de trois semaines. On a raconté ce qui se passait dans les kibboutz, sans prétention. » La journaliste poursuit : « J’aime aller où ça se passe, même dans des endroits dangereux, mais je ne prends pas des risques inconsidérés. J’ai aussi envie de rentrer chez moi. »
« Montrer que leur mère est passionnée »
Mère de deux enfants de 7 et 13 ans, Cyrielle Stadler est une mordue d’info, qu’elle aime partager : « Avant que je ne parte en mission, je regarde une carte du monde avec mes enfants, pour leur indiquer où je vais. C’est important de leur montrer que leur mère est passionnée par son travail. Mon aînée d’ailleurs s’informe de plus en plus. » Et, sans doute, en regardant sa maman dans le petit écran, où elle signera son retour au « 19 : 45 », ce lundi.
Une mission de présentation qu’elle effectue en tant que joker, pendant les vacances. « Quand j’arrive à 9 heures à la rédaction, j’ai déjà lu tous les journaux la veille au soir, assure Cyrielle Stadler. Avec la direction, on établit ce que pourrait être le conducteur du JT, les sujets abordés, ce qui fera son ouverture… Ensuite, il y a la conférence de rédaction où on définit avec les chefs de pôle et les journalistes ce que l’on va faire et comment on va le faire. Enfin, il y a, pour moi, présentatrice, un travail d’écriture, afin de donner envie aux téléspectateurs qui regardent le »19h45 » de découvrir tel ou tel sujet. »
« J’accompagne aussi les journalistes »
Grande reporter, présentatrice du « 19 : 45 » mais aussi cheffe du pôle News de la rédaction de M6, et ce, depuis deux ans. « Ce pôle compte sept journalistes, trois pour le côté de police-justice et quatre pour le news, qui traite beaucoup d’international, décrit-elle. Mon travail consiste à les accompagner dans leurs sujets, de les aider sur le choix des angles et des spécialistes à interroger. J’essaie aussi de me projeter sur les semaines et le mois suivant, afin de caler d’autres sujets. »
Avec une même envie. « Je souhaite que le »19.45 » soit compris aussi bien par ma mère qui a 70 ans que par ma fille qui a 13 ans », conclut cette journaliste très active au sein de la grande famille de l’information sur M6.
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