Israël limite les célébrations de Lag Ba’omer à Meron
Cinq ans après la catastrophe du mont Meron, Israël s’apprête à célébrer Lag Ba’omer sous haute surveillance. Les festivités prévues autour du tombeau du rabbin Shimon bar Yohaï, lieu de pèlerinage majeur pour une partie du monde religieux juif, se tiendront cette année dans un format fortement réduit. Les autorités ont décidé de limiter la participation à une présence symbolique, invoquant à la fois les risques sécuritaires dans le nord du pays et le souvenir encore vif du drame de 2021.
Les nouvelles directives annoncées par le gouvernement et le commandement du front intérieur prévoient un plafond de 1 500 personnes dans les localités proches du mont Meron, notamment Safsofa, Or HaGanuz, Bar Yochai et Meron. Cette restriction tranche avec les rassemblements massifs habituellement organisés pour Lag Ba’omer, qui attiraient par le passé des dizaines, voire des centaines de milliers de fidèles. Le contexte régional pèse lourd dans cette décision : la zone se trouve à proximité de la frontière libanaise, dans un environnement marqué par un cessez-le-feu fragile, des risques de tirs de roquettes et la crainte d’une évacuation difficile en cas d’urgence.
Dans une lettre adressée aux ministres, le secrétaire du cabinet, Yossi Fuchs, a justifié cette ligne de prudence par la possibilité d’un événement faisant de nombreuses victimes. Le raisonnement est clair : dans une région exposée, un rassemblement dense pourrait devenir ingérable en quelques minutes. Le danger ne tient pas seulement à une attaque éventuelle, mais aussi à la capacité réelle des secours à intervenir rapidement dans une zone montagneuse, étroite et déjà associée à l’une des pires catastrophes civiles de l’histoire israélienne.
Le précédent de 2021 reste en effet central. Cette année-là, 45 personnes avaient perdu la vie lors d’une bousculade au mont Meron. Une foule compacte s’était engagée dans un passage étroit et pentu, rendu glissant, avant que des chutes en chaîne ne provoquent un mouvement de pression incontrôlable. Plusieurs victimes avaient été écrasées ou asphyxiées. Le drame avait profondément marqué le pays, non seulement par son bilan humain, mais aussi par ce qu’il révélait : une accumulation de négligences, de responsabilités floues et de failles dans l’organisation d’un événement pourtant connu pour sa densité exceptionnelle.
Le rapport final de la commission d’enquête, publié en 2024, avait été sévère. Il avait pointé la responsabilité personnelle de Benjamin Netanyahu, de responsables policiers et d’autorités locales, en soulignant l’absence de gouvernance claire, les insuffisances de préparation, le non-respect de règles de sécurité et l’existence d’infrastructures dangereuses ou mal contrôlées. En d’autres termes, la catastrophe n’était pas apparue comme un accident isolé, mais comme le résultat d’un système ayant longtemps toléré un risque évident.
La limitation des célébrations de Lag Ba’omer à Meron répond donc à une double contrainte : empêcher qu’un événement religieux ne devienne une cible ou un piège logistique, et montrer que les leçons de 2021 n’ont pas été totalement ignorées. Cette décision risque de susciter frustration et incompréhension parmi certains fidèles, attachés à ce pèlerinage annuel. Mais pour les autorités, le choix est désormais assumé : mieux vaut réduire drastiquement l’événement que répéter les erreurs d’un passé récent.
Jforum.fr
La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
La source de cet article se trouve sur ce site

