La Banque centrale d’Israël a annoncé lundi une nouvelle baisse de ses taux d’intérêt, les ramenant de 3,75 % à 3,5 %. Cette décision marque la troisième réduction des taux en 2025, après celles intervenues en janvier et en mai. L’institution justifie ce choix par une évolution favorable du contexte économique, notamment grâce à l’accord entre les États-Unis et l’Iran, qui a contribué à une baisse des prix de l’énergie et à un apaisement des tensions géopolitiques mondiales. Malgré ce recul des taux, la Banque centrale souligne que le niveau d’incertitude reste élevé, notamment en raison des conflits régionaux et des tensions persistantes.
Selon les prévisions actualisées, la croissance économique d’Israël devrait atteindre 4 % en 2026, en légère hausse par rapport à l’estimation précédente de 3,8 %. Cette dynamique devrait s’accélérer en 2027, avec une croissance anticipée de 5,5 %. Ces chiffres reflètent une reprise modérée de l’activité économique, qui avait progressé de 2,9 % en 2025 malgré un contexte marqué par la guerre contre le Hamas à Gaza et les combats sur plusieurs fronts contre des groupes soutenus par l’Iran. La Banque centrale considère que la réduction des taux d’intérêt favorisera un environnement plus propice à l’investissement et à la consommation, contribuant ainsi à soutenir cette trajectoire de croissance.
Cependant, cette décision n’a pas fait l’unanimité au sein du gouvernement. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a vivement critiqué la baisse de 0,25 %, la qualifiant de « réduction minime » qui ne répond pas aux enjeux économiques actuels. Il a insisté sur la nécessité d’une baisse plus marquée des taux d’intérêt, estimant que les niveaux actuels ne sont pas adaptés aux besoins de l’économie israélienne. Selon lui, cette situation complique particulièrement la situation du secteur des hautes technologies et des exportations, deux piliers essentiels de l’économie nationale. Smotrich a également souligné que la baisse des taux serait un levier efficace pour réduire le coût de la vie et atténuer les effets négatifs du renforcement du shekel sur la compétitivité des entreprises.
Cette divergence entre la Banque centrale et le ministère des Finances illustre les tensions autour de la politique monétaire dans un contexte économique complexe. D’un côté, la Banque centrale privilégie une approche prudente, tenant compte des incertitudes géopolitiques et des risques inflationnistes. De l’autre, le gouvernement met en avant la nécessité d’un soutien plus fort à l’économie pour stimuler la croissance et protéger les secteurs clés. Cette situation pourrait influencer les décisions futures en matière de politique économique, alors qu’Israël cherche à consolider sa reprise tout en gérant les défis sécuritaires et économiques.
La baisse des taux d’intérêt à 3,5 % par la Banque centrale d’Israël traduit une volonté d’accompagner une reprise économique modérée dans un contexte international plus stable. Toutefois, cette mesure suscite des critiques sur son ampleur jugée insuffisante face aux défis économiques internes, notamment par le ministre des Finances. Le débat sur la politique monétaire reste donc ouvert, avec des implications importantes pour la compétitivité et la croissance du pays dans les mois à venir.
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