Iran: vers l’effondrement des piliers de la tyrannie?
Le régime iranien tient — ou plutôt tenait — sur quatre piliers :
1. Un appareil coercitif loyal
2. Une élite soudée
3. Des ressources financières à distribuer
4. Une population suffisamment fragmentée ou intimidée pour ne pas transformer son mécontentement en bascule politique
La littérature spécialisée insiste sur la nécessité de détruire ces quatre piliers pour provoquer l’effondrement des autocraties.
Les stratèges américains et israéliens le savent. Ils ont lu les mêmes ouvrages que l’ensemble des stratèges militaires à travers le monde. Les Iraniens le savent aussi.
Dans quel état se trouvent aujourd’hui ces piliers ?
Le deuxième pilier a été détruit à la suite de cinq semaines de bombardements. Les élites ne sont plus soudées : elles sont désormais divisées. La cohésion de la coalition au pouvoir a disparu. Des tractations se déroulent en coulisse pour séparer les « irréductibles » des « récupérables ».
Cela passe par des garanties, des amnisties partielles, des portes de sortie — ou, à tout le moins, par la conviction qu’un changement de régime ne signifiera pas automatiquement la ruine ou la vengeance pour tous les associés du système, qui, en Iran, sont nombreux.
Le troisième pilier est en passe de disparaître sous l’effet du blocus. Dans quelques jours, il pourrait s’effondrer. Les ressources à distribuer aux élites se tariront. La chute de ce pilier entraînera, par ricochet, la déloyauté de l’appareil coercitif — c’est-à-dire l’effondrement du premier pilier.
L’effondrement du quatrième et dernier pilier, qui prendrait la forme d’un soulèvement populaire, ne surviendrait qu’après la chute des trois autres.
Contrairement à ce que l’intuition pourrait suggérer, cette contestation populaire devrait être largement non violente. C’est pourquoi aucune distribution d’armes à la population n’a eu lieu. Les mobilisations non violentes contre un régime peuvent favoriser à la fois sa déstabilisation et l’ouverture démocratique. Elles élargissent la coalition anti-régime, compliquent la répression totale et créent des dilemmes de loyauté au sein des élites.
Cela ne fonctionne pas toujours, mais cette voie reste préférable à celle de la guerre civile.
Ce qui précède est largement connu.
De tous — sauf des journalistes.
Hier matin, sur LCI, on a tenté de me faire verser une larme sur le sort des déplacés libanais.
Pauvres gens, agitant le drapeau du Hezbollah, coincés dans les embouteillages pour retourner chez eux.
Nouvelle tentative de me faire chialer en interviewant quelques Libanais de retour devant leurs habitations détruites. Il n’est pas venu à l’esprit du journaliste de leur demander si la haine des juifs n’était pas la cause première de leur malheur, ou de leur dire que s’ils voulaient la paix, elle serait possible dès demain.
Il paraît qu’ils représentent 30% de la population libanaise. À peu près autant que les partisans de LFI en France.
À une différence près : au Liban, cette “minorité” est surarmée, riche, infiltrée dans tous les rouages de la société, bien plus puissante que l’Etat libanais lui-même et soutenue discrètement par de nombreux pays, dont la France qui fait tout ce qu’elle peut pour lui sauver la mise chaque fois qu’elle est menacée de disparaître.
Si bien que je n’ai pu verser aucune larme.
En revanche j’en ai conclu que LCI était définitivement une chaîne anti-israélienne.
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