La participation de la Russie au G20 organisé à Asheville, en Caroline du Nord, a suscité de fortes tensions lundi. Plusieurs pays européens ont notamment contesté la présence du ministre russe des Finances Anton Silouanov, dont la venue n’avait pas été annoncée publiquement avant son apparition parmi les délégations réunies aux Etats-Unis.
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, hôte de la réunion, s’est entretenu séparément dans la matinée avec Anton Silouanov. Selon le Trésor américain, il lui a présenté le plan en 28 points du président Donald Trump destiné à mettre fin à la guerre en Ukraine. L’administration américaine, qui assure cette année la présidence du G20, s’est rapprochée de Moscou depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
L’Allemagne particulièrement irritée
La présence du ministre russe a particulièrement irrité son homologue allemand Lars Klingbeil. Lors de la session plénière, celui-ci a déclaré lui avoir « très clairement dit que le gouvernement russe devait mettre fin à cette guerre […] que nous soutenions sans ambiguïté l’Ukraine ». Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la Russie, membre du G20, avait été largement tenue à l’écart.
Lars Klingbeil a indiqué avoir demandé, avec d’autres pays européens, qu’Anton Silouanov ne participe pas à la « photo de famille » prévue mardi. « Le fait d’accueillir ici le ministre russe des Finances envoie un signal que je trouve perturbant », a-t-il déclaré, estimant que les Etats-Unis auraient dû montrer qu’il n’était « pas un invité ordinaire ».
L’administration Trump défend cette invitation
La Maison-Blanche a défendu le choix de maintenir le dialogue avec Moscou. « Le président et son gouvernement n’ont pas peur de parler avec les gens qui comptent » afin de « mettre fin au bain de sang sans fin » en Ukraine, a déclaré Kush Desai, porte-parole de la Maison-Blanche présent à Asheville.
Notre dossier sur la guerre en Ukraine
Le plan de Donald Trump pour l’Ukraine prévoit notamment des concessions territoriales de la part de Kiev, y compris sur des zones encore sous contrôle ukrainien. Considéré comme largement favorable à Moscou, il prévoit également des garanties de sécurité occidentales pour l’Ukraine afin d’empêcher une nouvelle attaque russe.
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