Guerre en Ukraine : Kiev bombarde et tente d’isoler la Crimée, la France intraitable avec les pétroliers russes

Vous avez raté les derniers événements sur la guerre en Ukraine ? 20 Minutes fait le point pour vous tous les soirs. Voici l’essentiel de ce jeudi 25 juin 2026, au 1.582e jour du conflit.

Le fait du jour

A l’offensive depuis plusieurs semaines, l’armée ukrainienne s’intéresse désormais de près à la Crimée, cette péninsule ukrainienne annexée par la Russie depuis 2014. Kiev tente en effet d’isoler la région en frappant les routes d’approvisionnement et les infrastructures énergétiques russes, une opération aux conséquences immédiates, mais à la portée incertaine. Signe flagrant de l’impact des frappes de drones ukrainiens, le gouverneur installé par Moscou a annoncé jeudi des coupures d’électricité dans toute la péninsule. Deux civils auraient également été tués.

Depuis mai, l’armée ukrainienne, grâce une évolution technologique de ses drones, est parvenue à détruire des dizaines de camions-citernes et de véhicules militaires empruntant, dans le sud de l’Ukraine sous occupation russe, la route vers la Crimée. Les forces ukrainiennes ont aussi bombardé des infrastructures énergétiques et des noeuds logistiques dans cette presqu’île bordée par la mer Noire.

La Crimée est particulièrement importante pour le Kremlin : l’armée russe y compte de nombreuses bases et, depuis son annexion en grande pompe il y a douze ans, c’est un symbole politique très fort pour le président russe Vladimir Poutine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que cette campagne d’étranglement, « soigneusement calculée », visait à créer « les conditions » qui forceront « la Russie à choisir la paix ».

La déclaration du jour

« Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions et financer l’effort de guerre russe »

Les paroles sont signées Emmanuel Macron ce jeudi. La marine française a intercepté mardi en Méditerranée centrale un nouveau pétrolier soupçonné de faire partie de la « flotte fantôme » russe, la France affichant ainsi sa détermination à empêcher Moscou de contourner les sanctions économiques prises en raison de la guerre en Ukraine.

Le pétrolier Deliver transitait au large de la Sicile. Il s’agit du cinquième pétrolier soupçonné de faire partie de cette flotte fantôme arraisonné par la France depuis septembre 2025.

« L’Europe est déterminée. Elle poursuivra tous les efforts nécessaires pour accroître le coût de la guerre pour la Russie et permettre l’avènement d’une paix robuste et durable en Ukraine », ajoute Emmanuel Macron.

Le chiffre du jour

3,2 miliards d’euros. C’est le montant du premier versement européen effectué jeudi, dans le cadre du fameux prêt de l’UE de 90 milliards d’euros à l’Ukraine. Ce premier paiement, destiné à aider le gouvernement ukrainien à boucler son budget, sera suivi, « dans les prochains jours », d’un versement de six milliards d’euros pour financer l’achat de drones, a précisé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à l’occasion d’une conférence sur la reconstruction de l’Ukraine. « Ces investissements montrent bien que le soutien de l’Europe à l’Ukraine n’est pas près de s’arrêter », a-t-elle affirmé.

Les pays de l’UE ont accordé en décembre dernier un prêt de 90 milliards d’euros pour aider l’Ukraine sur la période 2026-2027, dont 60 milliards de soutien militaire, et 30 milliards d’aide budgétaire.

La tendance

Les responsables politiques ukrainiens et polonais ont joué l’apaisement jeudi à Gdansk, en Pologne, à la 5e conférence sur la reconstruction de l’Ukraine, malgré l’absence du président Volodymyr Zelensky à la suite de tensions liées à l’histoire des deux pays.

En ouverture de cette réunion jeudi matin, le Premier ministre polonais Donald Tusk a lancé : « Nous ne pouvons bâtir l’avenir que sur la vérité, le respect mutuel et la compréhension de l’Histoire ». Et son homologue ukrainienne Ioulia Svyrydenko, envoyée à cette conférence pour remplacer Volodymyr Zelensky qui y était pourtant annoncé avant les récentes frictions diplomatiques, de saluer la volonté des Polonais de « bâtir un avenir commun ».

Les deux dirigeants, souriants, ont tenu à afficher leur proximité : « Vous êtes ici chez vous », a déclaré Donald Tusk à Ioulia Svyrydenko.

Mais, dans des commentaires qui pourraient faire réagir Kiev, le chef du gouvernement polonais a également déclaré que l’Ukraine devait « comprendre sa propre histoire » et faire preuve d’une « capacité et d’une volonté authentiques de réconciliation » si elle souhaitait rejoindre l’UE.

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