Elle est définitivement de retour cette satanée inflation. Les prix à la consommation en France ont augmenté de 2,4 % sur un an en mai, après 2,2 % en avril, cette hausse s’expliquant par une accélération des prix de l’énergie, a indiqué l’Insee dans une estimation provisoire publiée vendredi. Les prix de l’énergie ont augmenté de 16,8 % en mai sur un an, après 14,3 % en avril, portés ce mois-ci par une hausse des prix du gaz.
Les prix des services accélèrent sur un an (+ 2 %). Les prix de l’alimentation évoluent sur un an au même rythme qu’en avril (+ 1,2 %). L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui permet la comparaison entre les pays de la zone euro, a augmenté de 2,8 % sur un an en mai, après + 2,5 % sur un an en avril.
Des Français sur le qui-vive
Les dépenses de consommation des ménages en France se sont repliées en avril, tant sur un mois (-0,5%) que sur un an (-0,4%), lestées par la baisse des dépenses en carburant, mais aussi en chauffage du fait des températures élevées, a annoncé vendredi l’Insee.
Ça fait beaucoup de chiffres là, donc un peu de texte quand même. Signe des temps, « le pouvoir d’achat est redevenu la première préoccupation des Français devant la sécurité en mars 2026 », affirme Franck Lehuédé, directeur d’études et de recherche au Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), citant une récente enquête de son organisme sur les tendances de consommation.
Forts de « l’expérience de 2022-2023 », marquée par une inflation alimentaire de 20 % en deux ans, les consommateurs ont « réagi très très vite » et se sont mis en « mode défensif », en limitant ou mutualisant leurs déplacements et en redescendant en « gamme » dans leurs achats, poursuit Frank Lehuédé. Moins de déplacements, moins de marques, moins de consommation…
En mars, le patron du groupement Mousquetaires/Intermarché indiquait sur BFMTV/RMC assister à « un phénomène de stockage », par ses clients, de produits comme les pâtes, non « par crainte d’une pénurie » mais pour réduire les trajets au supermarché.
Une crise partie pour durer
« Le marché alimentaire [supermarchés, commerces spécialisés…] résiste extrêmement bien », souligne Gaëlle Le Floch, experte grande consommation chez Kantar Worldpanel. De début janvier à fin avril, les ventes en volumes d’aliments et de boissons ont augmenté de 1 % par rapport à la même période en 2025, et de 0,4 % pour l’ensemble des produits de grande consommation (PGC, produits d’hygiène et d’entretien inclus).
La crise au Moyen-Orient va « durer », a prévenu le Premier ministre Sébastien Lecornu. Elle pourrait se faire sentir plus durement en rayon, alors que plane le spectre d’une réouverture des négociations commerciales entre supermarchés et fournisseurs pour répercuter la hausse des coûts du carburant, du gaz et des engrais.
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