Guerre en Iran : Encre, plastique, vêtements… Pourquoi le blocage d’Ormuz fait exploser « tous les prix du quotidien »

Le blocage du détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient ne paralyse pas uniquement le secteur des transports. Au Japon, la marque Calbee -géant de la chips aux multiples saveurs- troque ses sachets jaunes et oranges pour un packaging en noir et blanc. Quoi ? Vous ne voyez pas le rapport avec la guerre au Moyen-Orient ? La raison est simple. Si le prix du carburant est revu à la hausse, c’est aussi le cas pour le naphta, issu de la distillation du pétrole et utilisé dans la composition de l’encre de certains emballages.

« L’approvisionnement en naphta est devenu instable et les demandes d’augmentation du prix de l’encre ont commencé au milieu du mois dernier », a détaillé l’entreprise d’impression Toyama Sugaki à la chaîne de télévision TBS. « Entre 10 et 20 % » de plus qu’en temps normal selon le type d’encre et les fabricants.

Un impact « dans presque toute l’économie »

Cette incidence sur les paquets de chips japonais peut faire sourire, en réalité, elle n’est que le reflet de l’impact du blocage du détroit d’Ormuz sur une multitude de secteurs. Michel Fayad spécialiste de la géopolitique et des marchés des hydrocarbures résume les fonctions du pétrole en quatre domaines majeurs : « Il est à la fois une source d’énergie et de carburants mais aussi une matière première chimique, une base de fabrication des matériaux synthétiques et un support logistique et industriel de presque toute l’économie moderne. »

Pneus automobiles, semelles, liquide de refroidissement, raquettes, colle, vaseline… En clair, des dérivés pétroliers et pétrochimiques, il y en a partout. « C’est justement ce qui rend un choc pétrolier si redouté, continue l’expert, il ne touche pas seulement l’essence à la pompe, il se diffuse progressivement dans presque toute l’économie. »

Hausse des prix à la consommation

En France, les données peuvent déjà le prouver. Selon une étude de l’Insee publiée mercredi, au mois d’avril, les prix à la consommation ont augmenté de 2,2 % sur un an. « Cette hausse de l’inflation s’explique de nouveau par la forte accélération des prix de l’énergie […] en particulier de ceux des produits pétroliers » qui ont augmenté de 31,4 % en avril après une hausse de 18,1 % au mois de mars atteste l’institut.

En résumé cette réaction en cascade est donc justifiée par l’augmentation du coût des produits dérivés du pétrole -dont le plastique- qui se répercute à l’achat de produits emballés, de bouteilles, d’appareils électroniques, d’équipements médicaux… Mais aussi par le prix du transport des marchandises qui fait flamber les prix de l’alimentation, de l’électronique, des vêtements, des meubles ou encore des matériaux de construction.

« Si le citoyen voit d’abord le prix à la pompe, le pétrole est tellement intégré aux chaînes de production et de transport que sa hausse finit par se retrouver presque partout dans les prix du quotidien », ajoute Michel Fayad qui cite les chocs pétroliers de 1973 et 1979 en exemples. « Au début le problème semblait “énergétique”, mais très vite, toute l’économie a été affectée : ralentissement industriel, hausse des prix, baisse du pouvoir d’achat, inflation massive et parfois récession. »

Notre dossie sur la guerre en Iran

Dans ces situations, les secteurs de la chimie, de la sidérurgie, de l’agriculture intensive ou même du BTP subissent les hausses. Résultat : « Beaucoup d’usines voient leurs coûts exploser, ce qui peut réduire les marges, ralentir la production ou entraîner des hausses de prix pour le consommateur final. » Reste à savoir si le consommateur préférera acheter ses chips en noir et blanc, ou en couleurs… Mais un peu plus chères.

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