Une éclaircie diplomatique se dessine au Moyen-Orient. L’Iran a annoncé la réouverture du détroit d’Ormuz aux navires commerciaux, dans le cadre du cessez-le-feu en cours avec les Etats-Unis. Ce passage stratégique concentre à lui seul une part majeure (environ 20 %) du trafic mondial de pétrole, fortement perturbé depuis le début de la guerre.
Cette annonce intervient alors que les hostilités marquent une pause sur plusieurs fronts, notamment au Liban. Donald Trump s’est montré particulièrement confiant quant à l’issue des discussions engagées avec Téhéran. « Nous sommes très proches d’obtenir un accord », a-t-il déclaré, estimant qu’il n’existait plus de « points de blocage » entre les deux pays.
Trump met en avant une victoire diplomatique
Le président américain a rapidement réagi à la décision iranienne, adoptant un ton résolument satisfait. « Merci ! », a-t-il écrit sur Truth Social, avant d’affirmer que la République islamique s’était engagée à « ne plus jamais fermer » le détroit, un point hautement stratégique pour l’économie mondiale.
Au-delà de cette réaction, Donald Trump a cherché à valoriser les avancées obtenues dans les négociations. Il a notamment évoqué le dossier sensible de l’uranium hautement enrichi, assurant qu’un accord avait été trouvé sur ce point, sans confirmation officielle côté iranien. Une information désormais démentie par Téhéran qui a réagi vendredi. Malgré cet affichage de confiance, Donald Trump a maintenu une ligne de fermeté en précisant que le blocus américain visant les ports iraniens resterait « totalement en vigueur » tant qu’un accord global ne serait pas conclu.
Une ouverture encadrée et des divergences persistantes
Du côté de Téhéran, la communication reste plus mesurée. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que « le passage de tous les navires commerciaux […] est déclaré entièrement ouvert pour la période restante du cessez-le-feu », sans préciser clairement à quel accord de trêve il faisait référence.
Les autorités iraniennes ont également tenu à démentir toute pression extérieure. Le chef de la marine, l’amiral Shahram Irani, a affirmé : « nous ne sommes pas bloqués », ajoutant que « tous les jours, les navires respectant les règles […] franchissent le détroit ». Une manière de rappeler que cette réouverture s’inscrit, selon eux, dans un cadre maîtrisé.
Les marchés réagissent, mais la prudence reste de mise
L’impact de cette annonce a été immédiat sur les marchés énergétiques. Les prix du pétrole ont nettement reculé, avec un Brent en baisse de 10,50 % à 88,95 dollars et un WTI en chute de 11,40 % à 83,90 dollars. Ce mouvement traduit un regain d’optimisme quant à la sécurisation des approvisionnements mondiaux.
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Pour Giovanni Staunovo, analyste chez ING, « les déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères laissent entendre une désescalade tant que le cessez-le-feu reste en vigueur ». Kathleen Brooks, analyste chez XTB, évoque de son côté « l’espoir que la guerre prendra bientôt fin et que les chaînes d’approvisionnement retrouveront une certaine normalité ».
Malgré cela, les incertitudes demeurent : les négociations se poursuivent sous médiation pakistanaise et, même en cas de stabilisation durable, plusieurs mois pourraient être nécessaires pour un retour complet à la normale.
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