Eurovision. Un lieu de cristallisation de borgnes visions.
Aujourd’hui, je voudrais juste parler de musique, de chansons. De l’Eurovision 2026, qui se produira le samedi 16 mai prochain, à Vienne.
J’aurais aimé évoquer un show artistique sympathique, où se côtoient des artistes venus d’horizons divers. Avec des chansons , comme s’il en pleuvait. Des chansons d’un très bon niveau musical.
Et aussi un style un peu kitsch , assumé et revendiqué par le concours. Avec ses costumes, ses paillettes, ses strass, ses plumes très colorés. Avec aussi ses danseurs extravagants, parfois en tenue fluo.
Et j’aurais pu m’en tenir à ce type de polémique. Pour ou contre le style kitsch? Trop bling bling pour certains, qui considèrent que le kitsch est à l’art ce que l’inauthentique est à l’authentique.
J’aurais donc pu discourir de ce mélange des genres désopilant, dépourvu de complexes , où l’on passe allègrement d’une ballade lyrique à une danse tik tok, ce en quelques minutes…
Las, trois fois las! Cela s’avère désormais presque impossible. Parce que l’Eurovision est devenue ce show ,où tout ce qui se passe AUTOUR des chansons transcende les chansons elles- mêmes.
Singulier paradoxe que ce concours de chansons qui déchaîne tant de débats géopolitiques! Extravagant phénomène que cette chanson de trois minutes du chanteur israélien Noam Bettan, subrepticement noyée dans un débat politique sur la guerre à Gaza!
La participation d’Israël au concours a déjà condensé de nombreuses tribunes, pétitions, commentaires délétères. Toujours ces sempiternelles controverses à ce sujet, toujours ces mêmes antiennes rances … sombre récurrence!
Plus de 1100 artistes Européens ont signé un appel au boycott de l’édition 2026, au prétexte de la participation d’Israël. Des pays comme l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie ont même décidé de se retirer du concours , pour cette même raison. Bon vent à eux!
Mais l’UER( l’Union européenne de radios télévisions n’a pas succombé à ces diktats , bien trop appuyés, bien trop focalisés pour être honnêtes. En cela, l’UER a fait prévaloir « l’universalité culturelle » qui irrigue les valeurs de l’Eurovision.
Ce qui interpelle surtout, dans ces saillies récurrentes focus sur Israel, c’est l’indignation sélective des « indignes niais ». Certains se découvrent subitement une exigence morale absolue. A l’aune , bien sûr, de leur lecture partielle et partiale, voire spécieuse qu’ils adoptent du conflit.
Ils ne se contentent pas de critiquer la politique d’un gouvernement, ce qui serait recevable dans le cadre d’un débat démocratique. Non, pour ces fâcheux il s’agit de DEMONISER un État , toujours le même.
Cette posture relève de l’imposture . Elle est symptomatique. Ainsi, le signe juif paria a muté de la diabolisation de l’individu juif à celle de l’Etat juif. Laquelle dérive souvent , par capillarité , vers la haine du peuple juif… donc des individus juifs.
Ce glissement se traduit par des tentatives systématiques d’exclure des artistes israéliens d’événements culturels internationaux. Mais aussi des artistes juifs parce que juifs. Pas seulement à l’Eurovision….
Cette diabolisation d’Israël a été inaugurée lors de la conférence de Durban, en septembre 2001, quelques jours seulement avant l’effondrement des tours jumelles du 11 septembre, qui nous a propulsé dans une ère nouvelle, celle de l’hyper terrorisme islamiste. Tout un symbole…
Depuis cette date, il y a une véritable orchestration mondiale de la haine d’Israël, avec de puissants relais. Celle ci s’est exacerbée depuis le 8 octobre 2023, dès le lendemain du pogrom barbare du 7 octobre perpétré par le Hamas ( et un millier de civils palestiniens) sur des civils israéliens .
Là se pose la question fondamentale. À partir de quand et à quel titre devrait on décider qu’un peuple entier n’aurait plus le droit de chanter ? À fortiori , en l’occurrence, après le 7 octobre 2023… c’est bien de cela, au fond, dont il s’agit!
Dans ce concours musical, de jeunes artistes incarnent une culture, une langue, une sensibilité.
Ils ne représentent pas un gouvernement. Ce show ne consiste pas en une alliance militaire, en l’ordonnancement d’un plan stratégique.
Et le corollaire de cette interrogation est le suivant. Où devrait-on s’arrêter? Autant exclure tous les pays impliqués dans des conflits armés ! Autant évincer tous les pays accusés de violations de droits humains! Autant congédier tous les pays dont les dirigeants déplaisent à une partie de l’opinion publique mondiale!
Dès lors, la finale de l’Eurovision pourrait se dérouler dans un studio vide….
Certes, l’on ne peut dénier que tout est peu ou prou politique. Y compris la culture. Mais la culture est aussi un des rares espaces de rencontres entre les peuples. Elle est un des rares lieux où des nations peuvent partager une scène , plutôt qu’un champ de bataille.
Soyons sérieux! Chaque chanson ne constitue pas un test idéologique. Chaque note de musique ne véhicule pas une déclaration diplomatique. Et chaque artiste ne devrait pas être un suspect potentiel comparaissant devant un tribunal international, à raison de sa seule nationalité.
Ce genre de confusion ne grandit pas, n’ennoblit pas ceux qui la prônent. Le concours Eurovision s’est toujours présenté comme étant d’essence apolitique . Il doit le rester.
À ceux qui m’ objecteraient l’exclusion en 2022 de la Russie, juste après l’invasion de l’Ukraine , je répliquerais , de prime abord, que je la désapprouve.
Et que surtout il n’y a pas d’identité de situation entre la Russie et israel.
Israël a été agressé , et de quelle façon, le 7 octobre 2023 , événement matriciel des guerres qui s’en sont suivies. Israël se défend de volontés d’anéantissement clairement exprimées . Nuance!
Il n’y a donc pas là de double standard dans la position de l’UER. Le double standard , c’est bien Israël qui le subit continûment, avec des exigences morales perpétuelles brandies à son encontre , non à l’endroit d’autres États. Et surtout pas à l’endroit de ses ennemis compulsifs.
J’ajoute que les diffuseurs Russes sont des organes d’Etat utilisés par la propagande de guerre de la dictature de poutine. Ce n’est absolument pas le cas du diffuseur israélien Kan . C’est toute la différence avec la démocratie israélienne…
En conclusion sur ce point, les contextes ne sont pas analogues. D’où la légitime décision de l’UER de ne pas obtempérer aux objurgations d’exclusion d’Israël.
Venons en à l’essentiel, que l’on oublierait presque, tant il se dilue dans ces polémiques survoltées. La prestation artistique.
Les artistes israéliens brillent régulièrement à ce concours. Cela fait enrager les haineux invétérés. 3 ieme en 2023, avec Noa Kirel et sa chanson uricorn. 5 ieme en 2024 avec la sculpturale Eden golan et sa chanson hurricane. 2 ieme en 2025 , avec Yuval Raphael et sa chanson « new day Will rise ».
Faut il le rappeler, Yuval Raphael est une survivante du pogrom du 7 octobre 2023 . Elle s’était cachée dans un abri de fortune , près du site du festival nova. Ceux qui l’ont huée , lors de sa prestation, se sont couverts de honte et d’indignité.
Revenons à Noam bettan! De l’avis des bookmakers, il est cité comme l’un des grands favoris de cette édition 2026, pour remporter le vote du public , avec sa chanson « Michelle ». Selon eux, sa voix , sa prestation scénique devraient séduire un large public Européen.
Mais, dans ce concours, il y a, à 50 50 , le vote du public et le vote du jury. Ce dernier reste imprévisible. Avec le risque que certains membres du jury hostiles ne pénalisent politiquement Israël. En théorie, ceux ci ne doivent juger que la prestation artistique, mais dans les faits , les arrières pensées politiques ne sont jamais bien loin.
L’an dernier, Yuval Raphael était de très loin la préférée du public . Mais un écart énorme avec le vote du jury, ne la plaçant qu’en milieu de tableau , a interpellé . Le même phénomène s’était déjà produit , l’année précédente , avec Eden Golan.
Il est impossible de sonder les âmes et les cœurs. Mais croisons les doigts pour un classement impartial, uniquement guidé par la valeur artistique.
Avec également un faible pour la chanteuse française Monroe Vata Rigby, qui a une voix lyrique, soprano. Elle est, elle, à l’écart de tous ces tourbillons méphitiques.
Je vous invite à écouter la chanson « Michelle », de ce jeune israélien, qui chante l’amour et la paix. Pour signifier aux fâcheux que non seulement « we Will dance again, selon la formule consacrée, mais qu’aussi… « we Will sing again ».
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