Etats-Unis : Hasan Piker, un influenceur de gauche « anti-impérialiste » devenu toxique pour les démocrates

Les républicains ne sont pas les seuls à avoir une épine dans le pied (Donald Trump en l’occurrence). Du côté démocrate, Hasan Piker est devenu un sujet de tension à l’approche des midterms. Cet influenceur de gauche, suivi par plus de 3 millions d’abonnés sur Twitch, est accusé d’antisémitisme après plusieurs déclarations sur Israël.

Les républicains se sont emparés de la polémique alors que les démocrates espèrent reprendre le contrôle d’au moins une chambre du Congrès. « J’en ai ma claque ! Je ne veux plus que les journalistes m’interrogent sur Hasan Piker ! », s’est emportée mercredi 26 août Debbie Dingell, députée démocrate du Michigan.

« Socialiste » et « anti-impérialiste »

Agé de 35 ans, Hasan Piker se définit comme « socialiste » et « anti-impérialiste ». Dans ses longues émissions quotidiennes, il commente l’actualité, échange avec les internautes et critique régulièrement Israël. Mercredi 26 août, portant un bracelet « Free Palestine », il a mêlé considérations politiques, musculation et vêtements, un positionnement qui participe à sa popularité auprès d’un public jeune.

La polémique a pris une nouvelle dimension après une intervention diffusée le 20 août sur Twitch. Hasan Piker y a estimé que les Juifs affichant leur soutien à Israël risquaient de s’exposer à des violences. « Je ne comprends pas pourquoi les gens ne réalisent pas combien cette position est dangereuse, combien c’est dangereux pour les Juifs », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Vous aggravez l’antisémitisme. »

De plus en plus de démocrates le fuient

Ces propos ont provoqué des réactions au sein même du Parti démocrate. Abdul El-Sayed, candidat de gauche au Sénat dans le Michigan avec lequel Hasan Piker avait fait campagne au printemps, a ainsi pris ses distances. « La sécurité des Juifs m’est aussi chère que la sécurité de mes propres filles », a-t-il déclaré, en assurant que l’influenceur ne représentait pas sa campagne.

La sénatrice démocrate du Michigan Elissa Slotkin a aussi condamné ses déclarations : « Aucune communauté ne doit faire face à des menaces de violence pour ses idées politiques. » Jeudi, Hasan Piker a répondu depuis son studio en Californie. « J’ai lutté toute ma vie contre l’antisémitisme », a-t-il affirmé, dénonçant une « campagne de dénigrement organisée » et de l’islamophobie.

Remarqué pour ses propos sur le 11-Septembre

Né aux Etats-Unis de parents turcs, Hasan Piker a commencé sa carrière chez The Young Turks, une plateforme d’information politique de gauche fondée par son oncle. Il avait déjà suscité une polémique en 2019 en déclarant : « L’Amérique méritait le 11-Septembre. Rien à foutre, je le dis. » Il est ensuite revenu sur ces propos.

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Il affirme aujourd’hui ne pas vouloir modifier son discours sur les autorités israéliennes, dans un contexte où l’opinion américaine évolue : selon un sondage Pew Research de mai 2026, 62 % des personnes interrogées avaient une opinion négative des autorités israéliennes, contre 51 % en avril 2019.

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