La Banque d’Israël a choisi de réduire une nouvelle fois son taux directeur, le portant à 3,25 %, marquant ainsi la troisième baisse consécutive et la quatrième depuis le début de l’année. Cette décision, prise contre l’avis majoritaire des économistes, intervient alors que le taux était encore à 4,5 % en octobre dernier. Cette politique monétaire accommodante vise à stimuler l’activité économique en offrant un coût du crédit plus faible, malgré un contexte où l’inflation est tombée à 1,5 % sur un an, un niveau situé dans la moitié basse de la fourchette cible officielle de 1 à 3 %.
Pour les ménages, cette baisse se traduit principalement par une diminution des mensualités des prêts indexés sur le taux préférentiel, appelé « prime », qui passera à 4,75 %. L’allègement est toutefois modeste, avec une réduction maximale d’environ vingt shekels par mois pour un capital restant dû de 100 000 shekels, selon les conditions du prêt. Les crédits immobiliers bénéficieront également de cette baisse, mais uniquement sur la portion indexée sur le taux prime, tandis que les mensualités liées à des taux fixes ou à l’indice des prix resteront inchangées. Cette mesure offre une légère marge de manœuvre aux ménages endettés, sans pour autant bouleverser leur budget.
Du côté des entreprises, la réduction du taux directeur devrait faciliter l’accès au crédit, rendant les emprunts pour investissement, renouvellement de matériel ou financement de trésorerie moins coûteux. Cependant, la transmission complète de cette baisse aux clients par les banques peut être progressive. La Banque d’Israël justifie cette politique par la nécessité de soutenir l’économie tout en profitant de la solidité du shekel, une monnaie forte qui limite le coût des importations mais peut pénaliser les exportateurs. En abaissant les taux, la banque centrale cherche également à freiner l’appréciation du shekel, offrant ainsi un soutien indirect aux entreprises exportatrices.
Cette décision pourrait aussi relancer la demande immobilière, les prêts moins coûteux incitant certains acheteurs à revenir sur le marché. En revanche, les épargnants pourraient voir la rémunération de leurs dépôts diminuer progressivement. La Banque d’Israël semble donc privilégier un équilibre entre le soutien à la croissance et la maîtrise de l’inflation, dans un contexte économique où les marges de manœuvre sont étroites. Cette stratégie, bien que contestée, reflète une volonté de stimuler l’activité sans compromettre la stabilité des prix à court terme.
Si la Banque d’Israël baisse son taux directeur, les placements en shekels deviennent généralement moins rémunérateurs. Certains investisseurs peuvent alors vendre leurs actifs en shekels pour se tourner vers des devises offrant de meilleurs rendements, notamment l’euro. Cette baisse de la demande pour le shekel tend à affaiblir sa valeur : il faut alors davantage de shekels pour acheter un euro.
Mais ce mécanisme n’est pas automatique. Le cours dépend surtout de l’écart entre les taux israéliens et européens, des anticipations des marchés, de l’inflation, de la situation sécuritaire et des flux de capitaux. Si la baisse était déjà attendue, elle peut être largement intégrée dans le taux de change avant même l’annonce.
La baisse du taux directeur par la Banque d’Israël traduit une politique monétaire prudente mais proactive, visant à encourager l’investissement et à alléger la charge des emprunteurs, tout en tenant compte d’une inflation maîtrisée et d’un shekel robuste. Les effets concrets pour les ménages et les entreprises sont mesurés mais positifs, dans un contexte économique qui reste attentif aux évolutions mondiales et aux dynamiques internes du pays.
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