Le fonds d’investissement américain Apollo a obtenu, jeudi, le feu vert du conseil d’administration d’EasyJet pour le rachat de la compagnie aérienne britannique. L’opération, valorisée à 6,7 milliards d’euros, met fin à deux mois de négociations et d’enchères face au concurrent américain Castlelake, qui a finalement retiré son offre.
Peu après l’annonce du retrait de Castlelake, Apollo a confirmé l’acquisition en mettant en avant les atouts de la compagnie. « Apollo suit EasyJet depuis de nombreuses années et estime que le groupe est l’une des entreprises les plus attractives du secteur aérien mondial », a indiqué le fonds dans un communiqué. Il cite notamment sa « marque de premier plan », son « réseau étendu et ses positions solides sur des marchés attractifs ».
Plusieurs investisseurs intéressés
Deuxième compagnie aérienne à bas coûts en Europe derrière Ryanair, EasyJet suscitait l’intérêt de plusieurs investisseurs en raison de ses créneaux aéroportuaires, de la notoriété de sa marque et de ses perspectives de développement. Début juillet, la compagnie avait déjà annoncé un accord de principe avec Apollo avant que celui-ci ne présente une offre ferme.
Cette opération intervient toutefois dans un contexte difficile pour les transporteurs à bas coûts. Affectée par la hausse des prix du kérosène liée à la guerre au Moyen-Orient, EasyJet a vu son bénéfice avant impôts chuter de 70 % au troisième trimestre décalé, à 85 millions de livres. Après les premières offres de Castlelake, jugées insuffisantes, la compagnie avait dénoncé « le caractère très opportuniste du calendrier, alors que le cours de l’action EasyJet est temporairement déprimé en raison de la situation actuelle au Moyen-Orient ».
Le rachat finalisé début 2027
Selon Danni Hewson, analyste chez AJ Bell, le montant proposé par Apollo « est une prime significative par rapport au niveau auquel l’action EasyJet se négociait avant la guerre en Iran, mais ce montant reste très en deçà des sommets atteints par l’entreprise avant la pandémie » de Covid-19. EasyJet mise notamment sur le développement de son activité EasyJet Holidays, qui a contribué à convaincre le fonds américain.
La finalisation du rachat est attendue au début 2027. Les actionnaires pourront échanger leurs titres contre des parts de la future holding contrôlant EasyJet. Le fondateur Stelios Haji-Ioannou, qui détient encore 15,3 % du capital, a accepté cette option afin de conserver leur participation. Pour respecter les règles britanniques et européennes sur les compagnies aériennes, Apollo limitera sa participation à 49,9 %, tandis qu’un trust européen détiendra jusqu’à 5 %.
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