Des milices pakistanaises pour mater la rébellion

Des milices pakistanaises pour mater la rébellion

En Iran, le pouvoir semble redouter moins une contestation isolée qu’un nouvel embrasement national. C’est dans ce climat qu’un expert des réseaux sociaux, Effi Banai, affirme que le régime aurait renforcé sa présence dans les rues jusqu’à s’appuyer sur des groupes étrangers venus de la région pour dissuader toute reprise massive des manifestations. Plus que l’ampleur exacte de ce dispositif, encore difficile à établir publiquement, c’est le signal politique qui frappe : Téhéran agit comme un pouvoir assiégé, convaincu que la colère populaire peut resurgir à tout moment.

Depuis la fin décembre 2025, l’Iran a déjà connu une vague de troubles partie de la crise économique avant de prendre une tournure plus politique. La chute du rial, l’envolée des prix et l’épuisement du pouvoir d’achat ont mis le feu aux poudres. En quelques jours, des rassemblements nés dans le Grand Bazar de Téhéran se sont étendus à de nombreuses villes, avec des slogans visant directement le système. Les autorités ont répondu par une répression d’une ampleur exceptionnelle, tandis que des coupures d’internet et des restrictions des communications ont rendu l’évaluation des événements plus difficile. Des instances internationales ont depuis dénoncé l’usage d’une force létale disproportionnée et réclamé des enquêtes sur cette séquence sanglante.

C’est dans ce décor que l’analyse d’Effi Banai prend du relief. Selon lui, le régime chercherait à étouffer préventivement toute nouvelle mobilisation en quadrillant le terrain et en diffusant une peur immédiate, visible et brutale. Dans le texte de départ, il évoque des hommes armés circulant en civil, parfois perçus par les habitants comme étrangers à cause de leur langue, et chargés d’imposer l’ordre dans les rues. Pris isolément, ce tableau reste difficile à vérifier dans tous ses détails. Mais il correspond à une logique plus large désormais bien documentée : celle d’un pouvoir qui, après les manifestations de janvier, a multiplié arrestations, exécutions, déploiements sécuritaires et démonstrations de force pour empêcher qu’une nouvelle étincelle ne se transforme en incendie national.

La fragilité du régime tient aussi au fait que la crise sociale ne s’est pas dissipée. Au contraire, elle s’est aggravée. Début avril 2026, plusieurs analyses décrivaient un pays affaibli, économiquement exsangue, isolé, et habité par une population plus pauvre, plus amère et plus imprévisible. La guerre régionale ouverte fin février a encore détérioré les infrastructures et accentué la pression sur un système déjà contesté. Dans ce contexte, l’idée d’une simple accalmie paraît trompeuse : la rue peut se taire sans que la colère recule. Et lorsque les ressources s’épuisent, les rivalités internes, entre pouvoir élu, appareil sécuritaire et Gardiens de la révolution, deviennent elles aussi un facteur d’instabilité.

En définitive, l’Iran donne aujourd’hui l’image d’un régime qui contrôle encore la rue, mais beaucoup moins sûrement l’avenir. La force déployée peut retarder une explosion sociale ; elle ne règle ni la faim, ni l’usure économique, ni la fracture politique qui traversent le pays. Si une nouvelle vague de manifestations éclate, elle pourrait être moins le fruit d’un mot d’ordre que celui d’un épuisement général devenu impossible à contenir.

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