De  »l’aide est en route » à  »Un changement de régime ne m’a jamais intéressé »: le revirement de Trump en Iran

Le 13 janvier dernier, alors que la rue iranienne se soulevait contre le régime, le Président américain leur a promis:  »L’aide est en route ». Donald Trump a d’abord temporisé le lendemain en affirmant que « les massacres s’étaient arrêtés », créant un sentiment de trahison chez de nombreux manifestants iraniens. La répression du régime des Mollahs a été terriblement meurtrière.

Le 28 février, au soir des premières frappes massives américaines contre l’Iran, Donald Trump s’adressait directement au peuple iranien dans une vidéo de huit minutes : « Votre heure de liberté est proche. Quand nous aurons terminé, prenez le contrôle de votre gouvernement. Ce sera probablement votre seule occasion depuis des générations. » Il promettait alors à l’Iran le soutien d’une Amérique dotée d’« une puissance immense et d’une force dévastatrice » et se vantait d’être le premier Président américain à soutenir concrètement le peuple iranien.

Et voilà qu’hier soir (dimanche), alors que l’annonce d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran était annoncé, dans le Wall Street Journal, le même Trump déclare : « En ce qui concerne le changement de régime, ça ne m’a jamais intéressé. C’est le troisième groupe avec lequel nous traitons, et c’est le plus rationnel jusqu’à présent », en parlant de la nouvelle direction iranienne après les différentes éliminations ciblées.

L’écart entre les deux postures est total. En quatre mois, la République islamique est passée du statut de régime condamné à disparaître à celui d’« interlocuteur rationnel ». Le programme de missiles iranien et le soutien aux groupes armés régionaux, jadis présentés comme des lignes rouges, ont été, selon le texte du mémorandum publié par Mehr, « définitivement retirés de l’ordre du jour ».

Ce revirement nourrit deux lectures opposées : pour ses partisans, Trump a obtenu l’essentiel, c’est-à-dire un accord sur le nucléaire en abandonnant l’idéologie pour le pragmatisme. Pour ses critiques, il a simplement renoncé, après des semaines de frappes coûteuses, à des objectifs qu’il avait lui-même proclamés, en laissant le régime des mollahs intact et renforcé par des garanties américaines inédites.

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