Crise aiguë au sein du Shas : des sondages qui donnent des maux de tête à Aryeh Deri

Deux études d’opinion approfondies menées pour le compte de partis de blocs opposés révèlent une chute du Shas à 6-7 sièges. Selon les informations rapportées, le parti perd du soutien aux deux extrémités de sa base électorale, parallèlement à une baisse de la motivation à voter.

Kol réga’ – Meir Rosen 

Deux études d’opinion approfondies menées pour deux partis de blocs politiques différents révèlent une crise aiguë dans la situation du Shas et une nette baisse de sa force électorale. C’est ce que révèle le analyste politique Amit Segal dans sa chronique hebdomadaire du journal Israel Hayom. Selon ce rapport, l’une des études n’accorde que sept sièges au Shas, tandis que la seconde ne lui en donne que six — contre les 11 sièges que le parti détient actuellement à la Knesset.

Amit Segal souligne que la question centrale n’est pas seulement de savoir combien de sièges perd le Shas, mais qui sont les électeurs qui l’abandonnent. Selon lui, le parti s’appuie depuis des années sur deux électorats principaux — les ‘Harédim séfarades et les traditionalistes mizra’his — mais les deux études dressent un constat très différent.

D’après l’une des études, la majorité de ceux qui s’éloignent du parti sont des orthodoxes déçus par l’inaction du parti face à ce qu’ils considèrent comme une persécution des étudiants de la Tora. À l’inverse, selon la seconde étude, ce sont au contraire les électeurs qui servent dans l’armée (ou dont les enfants effectuent leur service) qui s’éloignent du parti, exaspérés par la question de l’exemption du service militaire et par les allocations budgétaires.

Amit Segal note également que le dernier mois d’activité législative à la Knesset, qui a coûté un prix politique lourd au Likoud, était selon lui le résultat des efforts de persuasion du président du Shas, Aryeh Deri, visant principalement à faire passer le message au public ‘harédi qu’il n’était pas abandonné. Néanmoins, l’analyste soulève la possibilité que cette démarche ait causé de lourds dégâts au Shas auprès de son électorat traditionaliste.

S’agissant de la destination vers laquelle se tournent ces électeurs, Amit Segal écrit que s’il s’agit d’un report de voix vers le Likoud ou Otzma Yehudit, le bloc de droite pourra l’absorber. Cependant, les études révèlent également une baisse de l’enthousiasme à se rendre aux urnes. De plus, il apparaît qu’une part restreinte mais significative de ces électeurs s’est tournée vers Gadi Eizenkot.

Selon Amit Segal, cet affaiblissement potentiel du Shas pourrait également expliquer une partie des écarts importants observés entre les différents sondages, d’autant plus que dans certaines enquêtes d’opinion, la force des partis orthodoxes reste stable malgré la forte croissance démographique naturelle du public ‘harédi.

Toutefois, il nuance ces conclusions en rappelant qu’au cours des 15 dernières campagnes électorales, le Shas a presque toujours obtenu un résultat supérieur à celui prédit par les sondages. Selon lui, les instituts de sondage éprouvent depuis des décennies des difficultés à échantillonner correctement l’électorat du Shas, et depuis le retour d’Aryeh Deri à la tête du parti, ce dernier a réussi à maintes reprises à dépasser les prévisions initiales.

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