A cinq jours du début de la Coupe du monde de football 2026, l’arbitre somalien Omar Artan a vu son rêve s’effondrer samedi, à son arrivée sur le sol américain. Celui-ci a en effet été refoulé par la police aux frontières américaines (CBP), et la Fédération internationale de football (Fifa) n’est pas venue à sa rescousse afin qu’il puisse officier durant ce Mondial.
« La Fifa confirme que l’arbitre Omar Abdulkadir Artan ne pourra ni s’entraîner, ni officier, lors de la Coupe du monde 2026, après s’être vu refuser l’entrée aux États-Unis, a indiqué lundi l’instance, dans un communiqué. La Fifa n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas, et elle a été informée par les autorités que le statut de M. Artan ne serait pas modifié pour le moment. »
Refusé à Miami malgré « un visa en règle »
Avec une précision importante quant au décisionnaire dans pareille affaire : « Conformément aux précédentes compétitions organisées par la Fifa, c’est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire ». Les raisons du refus d’accès au territoire US à l’encontre d’Omar Artan, qui a notamment arbitré en Coupe d’Afrique des nations (CAN), ne sont pas connues. La police aux frontières américaines (CBP) explique simplement que « le 6 juin, un ressortissant somalien est arrivé à l’aéroport international de Miami en provenance de l’aéroport international d’Istanbul ».
« Au cours des formalités, le voyageur a été soumis à une inspection supplémentaire, une étape de routine, poursuit la CBP. A l’issue de l’inspection, le voyageur, un arbitre de la Coupe du monde, a été jugé inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents, et il s’est vu refuser l’entrée sur le territoire. »
La décision de l’agence dépendant de la Sécurité intérieure des Etats-Unis peut sembler étonnante, puisque Omar Artan « disposait d’un visa en règle » sur son passeport diplomatique, comme l’a assuré lundi Ciise Aden Abshir, haut conseiller auprès du ministère somalien de la Jeunesse et des Sports.
Trump avait qualifié la Somalie de « pays pourri »
Une affaire qui intervient alors que la Somalie est l’un des nombreux pays dont les citoyens sont frappés par une interdiction de voyage aux Etats-Unis décidée par l’administration Trump. En novembre dernier, Donald Trump avait même qualifié la Somalie de « pays pourri », tout en exprimant son intention de mettre fin au statut spécial protégeant les ressortissants somaliens de l’expulsion.
Omar Artan « compte parmi les arbitres les plus respectés d’Afrique » et lui « refuser l’entrée aux Etats-Unis et l’empêcher d’officier porte préjudice non seulement à sa personne, mais sape également l’engagement du football en faveur de l’équité, du mérite et de l’esprit du fair-play », regrette légitimement Ciise Aden Abshir. « La communauté du football devrait le soutenir en cette période difficile », poursuit cet ancien capitaine de l’équipe nationale somalienne.
Omar Artan, qui devait devenir le premier arbitre somalien de l’histoire à participer à une Coupe du monde, a pourtant tenu à ne pas faire de vagues, via un communiqué : « Je promets de continuer à améliorer mon niveau et à me concentrer sur l’avenir. Malgré les circonstances, je suis de bonne humeur et je me concentre sur les défis à venir de ma carrière. Je souhaite à mes pairs le meilleur pour la Coupe du monde et je tiens à remercier la Fifa et la CAF pour tout leur soutien ».
Omar Artan était devenu « une source d’inspiration »
Un « état d’esprit positif » d’autant plus étonnant qu’Omar Artan (34 ans) devait être le premier arbitre somalien à officier lors d’une phase finale de Coupe du monde. Il faisait ainsi partie des 52 hommes en jaune sélectionnés pour tenir le sifflet au Mondial, coorganisé du 11 juin au 19 juillet par le Canada, le Mexique et les Etats-Unis.
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« Je loue les efforts, le professionnalisme et l’intégrité démontrés par l’arbitre Omar, qui est devenu une source d’inspiration pour la nouvelle génération de Somaliens », s’était réjoui le président du pays Hassan Sheikh Mohamud, au moment de sa nomination. Sauf que le titulaire du statut Fifa depuis 2018, qui officie dans le championnat somalien, et qui a été nommé meilleur arbitre de l’année 2025 par la Confédération africaine de football, s’est depuis heurté à la police aux frontières américaines.
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