Et encore une bien belle trouvaille de Gianni-les-bons-tuyaux. La Fifa a annoncé ce dimanche qu’elle avait décidé de « grâcier » Folarin Balogu en lui retirant le carton rouge infligé en 16e de finale du Mondial pour une vilaine semelle face à la Bosnie, ouvrant ainsi la voie à la participation de l’attaquant américain au 8e de finale contre la Belgique lundi à Seattle.
La commission de discipline de la Fifa a expliqué dans un communiqué avoir avoir modifié la sanction, la faisant passer « d’un match de suspension ferme à un match de suspension avec sursis, assorti d’une période probatoire d’un an ». Le tout en se basant sur le magnifique article 27, qui permet en gros à l’instance de blanchir qui elle veut selon ses intérêts : « l’instance judiciaire peut décider de suspendre totalement ou partiellement l’application d’une mesure disciplinaire », si l’on s’en tient à son contenu formel. Cristiano Ronaldo en avait djéà bénéficié après un rouge contre l’Irlande à l’automne qui aurait pu lui coûter une suspension pour le début de la Coupe du monde.
Rubio avait commencé à mettre la pression
« Merci à la Fifa d’avoir fait ce qu’il fallait et d’avoir réparé une grande injustice ! », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, quelques minutes à peine après l’annonce faite par l’instance, comme s’il était au courant depuis un moment. Le président américain a-t-il joué un rôle dans l’affaire, alors que Balogun avait été exclu un peu sévèrement pour avoir marché sur une jambe du défenseur Tarik Muharemovic à la réception d’un saut ?
Selon plusieurs journalistes anglo-saxons généralement bien informés sur la Fifa, Donald Trump aurait directement décroché son téléphone pour demander une faveur à son ami Gianni Infantino. Dès le lendemain de la rencontre, l’affaire avait pris une tournure politique, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio affirmant que les joueurs américains s’étaient fait « entuber » avec cette décision de l’arbitre.
« Ils se sont fait entuber avec ce carton rouge. Il faudrait une procédure d’appel pour ça. C’est probablement trop tard pour ça, n’est-ce pas ? », avait déclaré le secrétaire d’Etat lors d’une discussion informelle avec la presse. Il faut croire que non, alors même que la fédération américaine avait entériné l’idée qu’elle ne récupérerait pas son joueur star avant les quarts de finale. « Nous acceptons la décision de la commission disciplinaire et nous nous réjouissons que Folarin Balogun soit autorisé à jouer », a-t-elle commenté après avoir appris la divine surprise.
Une décision qui ne manquera pas d’interroger la Belgique, prochain adversaire des Etats-Unis lundi soir en 8es de finale, en plus d’ouvrir la porte à la suspicion de favoritisme pour le reste de la compétition.
La porte ouverte à tous les abus ?
Au reste, qu’est-ce qui pourrait bien empêcher la Fifa, au hasard, de décider que tel ou tel joueur (au hasard, Messi et Ronaldo) ne mérite pas d’être suspendus pour une demi-finale de Coupe du monde ? Sans oubier les effets de bord sur les autres participants : selon les informations de l’Equipe, la fédération française, à peine informée, aurait déjà décidé de demander à l’instance de retirer le carton jaune totalement injustifié adressé à Michael Olise qui pourrait lui coûter cher en cas de nouvel avertisement. Quelle va être l’argument de la Fifa, pour refuser ? On a hâte de l’apprendre.
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