La réalité dépasse souvent la fiction. Le documentaire salué à CanneSeries « The Deal with Iran » résonne avec fracas dans l’actualité. Réalisé par Lennart et Maarten Stuyck, il met en lumière une enquête peu connue. En 2018, les autorités belges (en collaboration avec d’autres services européens) déjouent un complot d’attentat contre un rassemblement de l’opposition iranienne. Une information qui aurait pu passer hors des radars mais qui a captivé les frères. « Cette histoire n’était qu’une petite ligne dans un journal » se souvient le réalisateur Lennart Stuyck, « cela nous semblait trop mince pour constituer une série entière. »
Ce n’est qu’en 2022, lorsque leur compatriote belge Olivier Vandecasteele fut arrêté et emprisonné à Téhéran, qu’ils vont alors se lancer dans cette histoire mêlant espionnage et chantage. « Il a été capturé et ils voulaient l’échanger contre un diplomate iranien emprisonné en Belgique. On avait alors trouvé le point de départ de notre histoire » se souvient Maarten Stuyck, « mais on s’est vraiment lancé quand il y a eu un grand feu dans la prison d’Evdine. »
Le documentaire addictif
Avec « The Deal With Iran », le documentaire s’offre une nouvelle jeunesse. Plus rythmé et addictif, il se rapproche d’un thriller. Un choix délibéré pour garder le spectateur en tension comme nous l’explique le réalisateur : « Je ne pense pas que les gens aiment regarder des documentaires géopolitiques. Donc nous avons essayé d’en faire un format captivant où le suspense est présent sur les trois épisodes ». Une vision que partage Marteen Stuyck, journaliste de formation, « avec Netflix et les autres plateformes il y a tellement de compétition sur les formats donc nous avons vraiment essayé de le faire le plus rythmé possible et que les spectateurs aient l’envie d’enchaîner les épisodes. »
Leur approche du son et de la musique suit aussi une stratégie pour garder le spectateur en haleine. « La musique est très importante » expliquent les deux Belges, « Pour que les spectateurs ne puissent plus s’arrêter une fois qu’ils auraient commencé à la regarder. Raf Keunen a créé une musique à la fois inquiétante et captivante ».
Une résonance avec l’actualité
L’Iran occupe une place plus que jamais centrale sur la scène internationale. Les sujets abordés dans « The Deal with Iran » comme la diplomatie des otages et le terrorisme diplomatique sont dans l’actualité. Le documentaire devient alors une porte d’entrée pour comprendre le monde. « Ce format est le bon pour raconter une bonne histoire, l’affaire est terminée donc c’est plus facile de la mettre en forme » souffle le scénariste qui ajoute que « si vous voulez raconter ce qui se passe maintenant en l’Iran, vous devrez attendre quelques années. Mais je pense que le documentaire est un bon moyen de raconter une histoire, plus qu’une série. »
Interrogés sur la possibilité d’être dans le viseur du régime iranien, les deux Belges ne se sentent pas en danger. « Ce que nous faisons ce n’est pas de découvrir la réalité. L’histoire est connue. » tempère le journaliste, « Les gens qui témoignent dans le documentaire seront peut-être en danger, mais s’ils sont prêts à témoigner, pourquoi devrions-nous avoir peur ? » Fans de football, les deux gagnants du prix du documentaires ont même hâte de retrouver le pays lors de la Coupe du monde. Les diables rouges affronteront l’Iran le 21 juin prochain.
« The Deal with Iran » est une production Diplodokus, diffusée principalement par VRT Canvas, une chaîne de la Communauté flamande de Belgique. Pour le moment, ni la date, ni la plateforme de diffusion en France n’est pas connue.
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