C’était une des habituées du magazine Psychologies. La psychanalyste Claude Halmos, spécialiste de l’enfance qui intervenait fréquemment dans les médias, est morte jeudi dernier à l’âge de 80 ans d’un arrêt cardiaque, a annoncé jeudi le magazine avec lequel elle collaborait. « Depuis vingt-huit ans, Claude Halmos répondait aux questions que lui posaient les lecteurs et lectrices de notre journal, écrit Psychologies dans un hommage sur son site Internet. Par ses mots, mais également par sa pratique de psychanalyste, elle a aidé un nombre inimaginable de gens à comprendre qu’ils avaient le droit de parler de leur souffrance. »
Claude Halmos est décédée d’un arrêt cardiaque et a été inhumée mercredi, a précisé la journaliste Violaine Gelly, qui a signé l’hommage pour Psychologies et a longtemps travaillé à ses côtés. Cela faisait partie « de ses dernières volontés » que sa mort « ne soit pas rendue publique avant l’enterrement », a-t-elle ajouté.
De Canal+ à France Info, la longue présence médiatique de Claude Halmos
Claude Halmos est longtemps intervenue sur la radio publique France Info, avec les chroniques « Savoir être » de 2007 à 2016 puis « C’est dans ma tête » de 2016 à 2022. A la télévision, elle était chroniqueuse dans l’émission « La grande famille » sur Canal+ dans les années 1990. Elle a également écrit de nombreux ouvrages consacrés à l’enfance.
Elle s’était formée à la psychanalyse auprès de Jacques Lacan et avait travaillé aux côtés de Françoise Dolto, notamment dans des institutions comme la pouponnière d’Antony. Dans son hommage, Violaine Gelly souligne qu’il ne faut pas la réduire « injustement à une image de « psy des enfants » », même si, « comme tous les sans-voix, ils furent au cœur de son travail, elle dont la souffrance de ne pas en avoir était inconsolable ».
« Au-delà de son image un peu froide, c’était une personne pétrie de contradictions et extrêmement attachante », a conclu la journaliste. La famille paternelle de Claude Halmos était par ailleurs d’origine juive hongroise, et une partie a péri dans les chambres à gaz. « En 2012, devant la justice, elle avait obtenu le droit d’accoler à Halmos le nom originel de sa famille, Rosenthal, que son grand-père hongrois, face à la montée de l’antisémitisme, avait abandonné en 1918 », est-il rappelé dans Psychologies.
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