Le prix des carburants ne « baissera pas de sitôt », a estimé lundi le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, tablant sur « au moins six mois, peut-être jusqu’à l’hiver prochain, de crise énergétique devant nous », en raison des infrastructures détruites et des bateaux bloqués.
« Ça ne baissera pas de sitôt et si ça baisse, ce que je souhaite, c’est que ce soit du sérieux parce que pour le moment c’est du yoyo », a déclaré sur Europe 1 Michel-Édouard Leclerc, alors que les prix du pétrole se sont à nouveau envolés lundi après le regain de tensions entre Washington et Téhéran.
Menace d’un décret de plafonnement des marges
Il y a dix jours, alors que se profilaient des pourparlers entre les belligérants, Michel-Edouard Leclerc avait entrevu une baisse progressive des prix à la pompe « de dix à 15 centimes d’euros », tout en se montrant prudent. Samedi, le gouvernement a appelé les distributeurs à baisser ces prix après un recul des tarifs du pétrole la semaine dernière, agitant la menace d’un décret de plafonnement des marges.
« Ce n’est pas ça qui fera baisser les prix », a estimé le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, alors que le gouvernement doit réunir ce lundi les représentants des distributeurs, qui plaident eux pour la suspension des certificats d’économies d’énergie. Cela permettrait de « diminuer le prix de l’essence de l’ordre de 15 à 17 centimes » dès « demain », a-t-il assuré.
Hausse de 15 % pour l’essence et 34 % pour le diesel
Le projet du gouvernement d’encadrer les marges sur le carburant a suscité la semaine dernière, une levée de boucliers des distributeurs, qui demandent le « retrait » de ce texte. Le projet de décret en question vise notamment à « éviter des effets d’aubaine », selon la fiche de présentation du projet de texte qui doit être soumis à l’avis du Conseil national de la consommation et du Conseil d’Etat.
Depuis le début de la guerre en Iran, fin février, et le blocage du détroit d’Ormuz qui s’en est suivi, les prix à la pompe ont grimpé en France d’environ 15 % pour l’essence (à environ 2 euros par litre en moyenne mercredi) et bondi de 34 % pour le diesel (à plus de 2,3 euros le litre en moyenne).
Selon une source gouvernementale, ce texte donne la possibilité au gouvernement de plafonner les marges des distributeurs, mais il ne s’agit pas en tant que tel d’un plafonnement des prix à la pompe, qui eux resteront variables en fonction de l’évolution des cours des produits raffinés.
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