Séance mouvementée à l’Assemblée nationale. Le groupe Ecologiste et social à l’Assemblée entend déposer ce mardi une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, pour dénoncer « son impréparation à la fois de la canicule qu’on a connue, mais surtout de la canicule qui arrive », a annoncé la présidente du groupe, Cyrielle Chatelain.
Cette dernière a dit n’avoir « aucun doute » sur la possibilité de trouver les 58 députés nécessaires à ce dépôt. « Ce gouvernement est incapable d’une remise en question », a-t-elle argumenté, déplorant la réponse du Premier ministre à sa question sur le sujet peu avant dans l’hémicycle.
« Pas d’inaction mais un besoin évident d’accélération »
Sébastien Lecornu a en effet jugé « scandaleux » et « faux » le bilan de « 10.000 morts » de la canicule la semaine dernière avancé par les Ecologistes, et s’est défendu de toute « inaction » face au changement climatique, dans un vif échange avec la cheffe de file de leurs députés.
« C’est la première fois que je sors de mes gonds », a lancé le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement. « D’où sortez-vous ce bilan de 10.000 morts sur lequel vous et les vôtres […] sont allés sur les plateaux de télévision depuis maintenant plus de trois jours, en établissant un bilan humain qui est faux ? C’est scandaleux, c’est indigne ! »
Le locataire de Matignon a aussi estimé que la commission d’enquête réclamée par les députés écologistes sur la « politique d’adaptation » du gouvernement allait leur revenir « en boomerang : on en arrivera à la conclusion qu’il n’y a pas d’inaction, mais il y a un besoin évident d’accélération ».
« Un rapport de force »
Plus tôt dans la journée, Sandrine Rousseau avait estimé au micro de Sud Radio : « Un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu et qui génère autant de morts, alors il ne mérite pas de rester ». Elle a souhaité ainsi « poser un rapport de force » avec un gouvernement qui n’a fait selon elle aucune « annonce » alors même que la France avait déjà connu un épisode caniculaire en mai.
« Sébastien Lecornu est le Premier ministre qui nous envoie le plus vers une économie et une société de guerre : Il vote des budgets de 36 milliards de supplémentaire pour l’armée, il prépare les hôpitaux à une situation de guerre », a-t-elle observé. Mais « il y a dix jours de canicule et on n’est pas en capacité de gérer, c’est vraiment de l’incompétence », a encore insisté l’élue parisienne.
« L’ensemble de la chaîne a tenu », avait déclaré la veille le Premier ministre. « Rien n’a tenu », a rétorqué Sandrine Rousseau, évoquant « des coupures d’électricité massives », des hôpitaux « pas en capacité de gérer les afflux » ou encore « des immeubles dans lesquels il y a eu des personnes mortes ».
Elle a notamment reproché au gouvernement d’avoir fait « s’effondrer tout le réseau associatif » alors que de nombreuses victimes l’ont été à domicile. La canicule risque, selon elle, de faire « 10.000 morts ». De son côté, le directeur général de l’AP-HP, Nicolas Revel estime que le bilan de 2003 (15.000 décès) ne sera pas atteint, car « on a progressé sur plein de choses », mais qu’il sera « probablement supérieur à 2025 », à savoir 5.700 morts liées à la chaleur.
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