Belgique: un projet de loi antisémite visant à inculper des mohels

Israël et les États-Unis dénoncent un projet de loi visant à inculper des mohels en Belgique

Les autorités ont condamné la décision présumée des procureurs de s’en prendre aux mohels (circonciseurs) juifs, la qualifiant d’antisémite et de menace pour la liberté religieuse.

CANAAN LIDOR

Le parquet belge aurait décidé mercredi d’inculper trois mohels juifs pour avoir pratiqué illégalement cette intervention, ce qui a suscité des condamnations de la part du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, et de l’ambassadeur américain en Belgique.
« Les poursuites engagées contre ces figures religieuses (mohels), dont l’un est américain, sont injustes et ne seront pas tolérées », a écrit Bill White, ambassadeur des États-Unis à Bruxelles, sur X. « La Belgique sera désormais perçue comme antisémite par le monde entier. Tant que ce problème ne sera pas résolu, il n’y a pas d’autre solution », a-t-il ajouté.

White répondait à un message publié sur X par Gideon Sa’ar, le ministre israélien des Affaires étrangères, qui écrivait qu’avec la décision de poursuivre les mohels, « la Belgique rejoint une courte et honteuse liste, avec l’Irlande, de pays qui utilisent le droit pénal pour poursuivre les Juifs pour avoir pratiqué le judaïsme. C’est une tache indélébile pour la société belge. »

La controverse sur la circoncision se déroule dans un contexte de tensions diplomatiques entre les États-Unis, Israël et la Belgique, dont le gouvernement comprend des partis de gauche hostiles à l’administration du président américain Donald Trump et à l’État hébreu. L’année dernière, la Belgique s’est jointe à la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice. Conner Rousseau, président du Parti Vooruit flamand, membre de la coalition gouvernementale, a publié en février une vidéo comparant Trump et Adolf Hitler.

Ni le parquet fédéral ni celui de la Région flamande, l’État belge où se situe Anvers, n’ont annoncé les mises en examen. Ils n’ont pas répondu à temps à la demande d’informations complémentaires de JNS, adressée à ce journal. Cependant, une source gouvernementale a confirmé à JNS, mercredi, que les autorités politiques avaient été informées de la décision d’engager des poursuites.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a répondu à Sa’ar sur X : « Assez de ces caricatures ! » En Belgique, a-t-il ajouté, « le pouvoir judiciaire est indépendant et rend ses décisions – qu’on les approuve ou non – en toute liberté politique », précisant que la procédure engagée contre les mohels avait été initiée « par des représentants de la communauté juive elle-même ». Prévot a réitéré ce message à White, ajoutant : « Je vous exhorte à faire preuve de plus de retenue et à replacer votre rôle dans son contexte. Il est inadmissible de critiquer publiquement un pays et de ternir son image simplement parce que l’on désapprouve une procédure judiciaire. Je vous l’ai déjà dit. Serait-il acceptable que notre ambassadeur à Washington en fasse autant ? »

Les trois mohels, d’Anvers ont fait l’objet d’une enquête l’an dernier suite à des plaintes déposées contre eux par Moshe Aryeh Friedman, un militant antisioniste qui a fait pression sur les autorités pour limiter plusieurs coutumes juives, notamment celle qui autorise les écoles Haredi à séparer les filles et les garçons dans les établissements juifs reconnus par l’État. La communauté juive d’Anvers, majoritairement Haredi, rejette Friedman.

Le Centre d’information et de documentation juif (JID), un groupe de défense des intérêts juifs belgo-juifs, a contesté la version de Prévot concernant ce qui a déclenché la procédure judiciaire contre les mohels.

« C’est tout simplement faux : cette initiative ne vient pas des représentants juifs eux-mêmes, mais d’une personne qui nie l’Holocauste, a été invitée à une conférence négationniste par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et se dit juive, sans pour autant être soutenue par aucun Juif au monde », a écrit le JID sur X. Friedman a rejeté les accusations de négationnisme. Il a participé en 2006 à une conférence de deux jours organisée par le ministère iranien des Affaires étrangères et intitulée « Bilan de l’Holocauste : une vision globale ». Cette conférence était marquée par le négationnisme et la distorsion de l’Holocauste.

Sa’ar a répondu à Prévot, lui disant que ses remarques étaient « à côté de la plaque ». « Une telle enquête n’aurait jamais dû avoir lieu si la question de la Brit Milah avait été encadrée comme dans d’autres pays européens respectueux de la liberté religieuse juive », a écrit Sa’ar, ajoutant : « Surtout dans un pays qui abrite l’une des plus anciennes communautés juives d’Europe. Si la Belgique avait eu un plan stratégique pour lutter contre l’antisémitisme et promouvoir la vie juive, vous le sauriez. Hélas, ce n’est pas le cas. »

Selon la loi belge, toute intervention chirurgicale doit être pratiquée par un chirurgien agréé, ce que la plupart des mohels ne sont pas. Cependant, les autorités n’avaient pas interdit jusqu’alors la circoncision juive, la Brit milah, généralement pratiquée sur les garçons de huit jours et qui constitue la première initiation d’un garçon juif à la foi. La Brit milah est largement considérée comme un rite fondamental et beaucoup estiment que la possibilité de l’accomplir est une condition essentielle à l’existence d’une communauté juive viable.

La Belgique figure parmi les pays européens qui ont récemment interdit la shehita (l’abattage rituel des animaux pour rendre la viande casher) et son équivalent islamique, la dabhiha ou zabiha . Ces méthodes d’abattage religieux, qui exigent que les animaux soient conscients au moment de la mise à mort, sont dénoncées comme inhumaines par les défenseurs des droits des animaux.

Une controverse similaire se déroule actuellement au sujet de la circoncision non médicale des garçons. Cependant, contrairement à l’abattage sans étourdissement, cette pratique n’est interdite dans aucun pays européen.

En 2012, un tribunal de Cologne, en Allemagne, a brièvement interdit cette pratique, mais cette interdiction a été levée par une loi suite à un tollé général provoqué par le verdict.

JForum.fr avec jns

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