Beaufort : une forteresse du Hezbollah dans la roche

Sous le silence du massif du Beaufort, au sud du Liban, une véritable cité souterraine a été mise au jour, dévoilant une machinerie militaire discrète mais redoutablement efficace. Une opération minutieuse menée par les forces de défense israéliennes (Tsahal) a permis de révéler une série complexe de tunnels creusés profondément dans le roc. Cette découverte n’est pas anodine : derrière ces galeries s’étend un réseau conçu et financé par l’Iran, destiné à abriter des centaines de combattants du « Hezbollah » prêts à frapper en territoire israélien.

Le dévoilement de cette infrastructure souterraine survient après une enquête rigoureuse menée par plusieurs unités d’élite israéliennes, dont la brigade Golani, les forces Maglan et Yaalom, appuyées par les experts du renseignement militaire et des ingénieurs. Le réseau ne se limite pas à un simple tunnel ; il s’agit d’un véritable fort souterrain à plusieurs niveaux, creusé profondément dans la roche, capable d’accueillir une force armée conséquente avec des installations complètes : alimentation en eau et électricité, défenses antichars et antiaériennes, ainsi que des espaces de vie comprenant dortoirs, cuisines, douches et même une salle d’opération médicale. Un tunnel principal s’étend sur près d’un kilomètre et comprend des dépôts d’armes, des lance-roquettes antichars, des munitions et six puits souterrains.

Au cœur de cette découverte, la portée stratégique devient évidente. Le site, situé à seulement six kilomètres de la ville israélienne de Metula, offre au Hezbollah une vue imprenable sur une partie du Haut-Galil. De là, les militants pouvaient lancer des drones et tirer sur le territoire israélien avec des armes portatives antiaériennes. Pourtant, ce bastion se trouve sur une zone sous juridiction de l’armée libanaise, chargée normalement d’assurer la sécurité de la frontière. Israël accuse le Hezbollah de saboter cette mission, maintenant ce réseau clandestin hors de portée de l’armée libanaise, ce qui complique la dynamique sécuritaire dans la région.

La reprise de contrôle du massif du Beaufort par Tsahal, un retour après plus de vingt ans d’absence depuis 2000, provoque déjà des remous diplomatiques. Le Premier ministre libanais a dénoncé cette opération comme une politique de « terre brûlée », tandis que des voix en Europe, notamment en France, réclament une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU. Mais au-delà des débats diplomatiques, cette action souligne l’enjeu vital pour Israël : neutraliser une menace directe pesant sur la sécurité de ses citoyens. Le Beaufort est un actif stratégique clé pour le Hezbollah, abritant les quartiers généraux de son unité d’élite « Badr », qui contrôle le sud du Liban.

Cette opération révèle une facette cachée du conflit israélo-libanais, où la guerre souterraine devient un jeu d’ombres et de tunnels, rendant la ligne de front plus incertaine et plus dangereuse. Le défi pour Israël est double : détruire cette infrastructure et empêcher son renouvellement, tout en évitant une escalade plus large avec le Liban et la région. La découverte met en lumière l’appui iranien non seulement en surface mais aussi dans les profondeurs du sol, illustrant la complexité et la gravité de la menace sécuritaire qui pèse sur le nord d’Israël.

La révélation de ce vaste réseau souterrain du Hezbollah sous le Beaufort fait office de signal d’alarme. Elle illustre la profondeur des préparatifs militaires du groupe terroriste et souligne la détermination d’Israël à intervenir de manière stratégique et ciblée pour protéger ses frontières. Cette enquête souterraine est loin d’être terminée, et les prochaines semaines pourraient bien révéler d’autres secrets enfouis sous cette région sensible, au cœur d’une tension qui ne faiblit pas.

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