Avec qui s’est-on marié au mont Sinaï ?

AUTOUR DE LA TABLE DE CHABBATH n° 537 BAMIDBAR

Avec qui s’est-on marié au mont Sinaï ?

Chavou’oth c’est la fête du Don de la Tora. C’est le jour où Hachem a donné Sa Tora au Clall Israël ainsi que les 10 commandements. Depuis, d’année en année le peuple juif commémore cet évènement unique dans l’histoire de l’humanité où le Créateur a transmis à Son peuple le manuel d’utilisation du monde. En effet, nous savons que lorsqu’on acquiert un bien sophistiqué comme un ordinateur ou une imprimante, le constructeur livre un épais manuel pour savoir comment s’en servir. En son absence, l’objet si couteux perdra de son utilité. De la même manière Hachem a créé un monde formidable avec des océans, des lacs, des montagnes et plaines et pour couronner le tout : l’homme. Donc il est certain qu’Il existait une INTENTION première à toute cette grande œuvre. Nos sources expliquent que c’était pour que le Clall Israël reçoive la Tora que tout ce beau monde a été mis en place. Donc la Tora est bien ce manuel d’utilisation dont on parle, afin d’amener l’homme à sa perfection et aussi d’amener ce monde à sa rédemption. Plus profondément encore, la Guemara enseigne que le monde entier était en attente de l’acceptation de la Tora car sinon il revenait à son néant. Et nos livres saints (Néfech Ha’haim) enseignent que même de nos jours aussi l’étude de la Tora permet le maintien de ce monde. La pratique de la Tora et les Mitsvoth raffermissent le monde et le maintiennent… (Donc tant qu’il y aura des Tsadikim qui l’étudient, il n’y aura pas de crainte à avoir ni de l’Iran ni d’ailleurs…, car Hachem désire perpétuer ce monde grâce aux Avrékhim). De plus, le jour de Chavou’oth le Boré ‘Olam reconduit un peu de ce grand dévoilement. C’est-à-dire que la date du 6 Sivan (fête de Chavou’oth) est propice pour que tout un chacun perçoive un petit peu de cette grande lumière d’il y a 3300 ans. Preuve en est du texte de nos prières de jour de fête (Moussaf) où l’on dit : « Qu’Hachem nous charge (aujourd’hui) de toutes les bénédictions de la fête (…). Tu nous as donné le jour de Chavou’oth : le temps du don de la Tora, ou pour Pessa’h : « le temps de notre délivrance, et à Souccoth : le temps de notre joie». C’est-à-dire que pour chaque fête, il existe une influence bénéfique particulière qui est palpable de nos JOURS. Le Talmud de Jérusalem (Roch Hachana 4.8) enseigne quelque chose d’intéressant sur Chavou’oth. Pour toutes les fêtes (Pessa’h, Souccot), on offrait des sacrifices propre à la fête et de plus on a ajouté un sacrifice ‘Hatath : d’expiation des fautes. Or, dans la parachath Pin’has le verset ne mentionne pas de sacrifice de Hatath (pour Chavou’oth). De là, apprend la Guemara que le jour du don de la Tora on n’a pas besoin d’apporter de sacrifices expiatoires car ce jour du don de la Tora expie les fautes. Le Zikhron Yossef pose dessus une belle question. On connait le principe qu’il n’existe pas de pardon de la faute s’il n’y a pas de Techouva, de repentir. Donc comment comprendre ce phénomène que Hachem pardonne la faute le jour de Chavou’oth sans pour autant faire Téchouva ? On vous propose plusieurs réponses.

-La première c’est à partir de la Guemara Ta’anith : « Le jour de la joie de son cœur, le jour de son mariage » (Chir Hachirim 3.11). Le Talmud apprend de ce verset que le mariage dont il s’agit c’est celui du Clall Israël avec Hachem C’est-à-dire qu’au mont Sinaï le Clall Israël est arrivé au niveau d’union avec son Créateur. Or les Sages par ailleurs (Yerouchalmi Bikourim 3.3) enseignent que le jour du mariage les fautes des jeunes tourtereaux sont effacées car il s’agit d’un nouveau départ pour nos jeunes, alors ils ont la chance de repartir sans un passif.

-Les Bené Israël ont pris le jour de Chavou’oth le statut de Juif. La Guemara apprend même du mont Sinaï la manière d’accomplir la conversion par, l’acceptation des Mitsvoth, le Mikvé et le sacrifice : de nos jours il n’y plus de sacrifices mais cela n’entache pas la conversion. Or il existe un principe connu lorsqu’un converti fait ce grand saut, il est considéré comme nouveau-né. Automatiquement toutes ses fautes sont effacées car il change d’identité (spirituelle). Donc à Chavou’oth, aussi on se considèrera comme ces nouveaux nés sortant tout droit de la salle de travail. Les fautes antérieures s’effaceront automatiquement !

-Une dernière possibilité, d’après le Beth Halévy qui pose une question sur toute cette acceptation de la Tora. Il existe une Halakha (Rambam) qu’un homme peut s’obliger d’un travail quelconque à condition que les obligations (marquées dans le contrat de travail) soient circonscrites. Mais lorsque l’employeur marque dans une des clauses de son contrat : « tout ce que je veux, tu devras l’exécuter…». D’après le Rambam cela n’a pas de valeur juridique ! Donc au mont Sinaï lorsque le Clall Israël a dit : « Nous ferons et nous entendrons (toutes les lois de la Tora)», il existait un vice de forme puisque les obligations n’étaient pas circonscrites et que les Bené Israël ne connaissaient pas l’étendue des Mitsvoth ! Répond le Beth Halévy : au Mont Sinaï le Clall Israël est devenu SERVITEUR du Boré ‘Olam!  C’est-à-dire qu’on a fait acquérir son corps et son âme à son propriétaire (Hachem) dans le service saint. Il n’est plus question d’un rapport employeur / travailleur mais d’un lien serviteur à maître. Le serviteur perd son indépendance et devient redevable de toutes les lois de la Tora.

D’après cette formidable explication le Zikhron Yossef explique que puisqu’on est entré sous la tutelle de Hachem, alors sous Ses grandes ailes protectrices Il a effacé toutes nos fautes. Intéressant non ?

Ruth ou dire NON aux paillettes !

A Chavou’oth on a l’habitude de lire la Meguila de Ruth. C’est un passage très intéressant de l’histoire du peuple juif. Ruth en fait est la fille du roi de Moav (Eglon) qui s’est mariée avec un des fils de Noémie. On connait l’histoire, Elimélekh, juge en Erets qui est parti avec sa famille (Noémie, sa femme, et ses deux enfants) dans les plaines de Moav. Là-bas ses deux enfants se marieront avec les filles du roi Eglon. Suite à cela la colère divine s’abattra sur la célèbre famille d’Elimélekh et Noémie perdra son mari et ses deux fils. Après ce terrible épisode la veuve décida de repartir vers les plaines de Judée en terre sainte. Seulement sa brue, Ruth, tient absolument à ne pas la quitter. Il s’engage alors une discussion des plus intéressantes. Noémie dira à Ruth que « si tu viens en Terre sainte tu devras te convertir et la vie des Juifs n’est pas forcément des plus faciles, les gentils nous pourchassent (déjà !). » Ruth répondra : « Malgré tout je veux venir !» Noémie continuera à dissuader sa belle-fille en disant qu’en devenant juive elle ne pourra plus aller ni au théâtre ni aux jeux des cirques (tellement amusant de voir les esclaves se faire dévorer tout cru !). Ruth ne se désistera pas. Puis Noémie lui dira : « Dorénavant tu ne pourras plus t’isoler avec un homme (Issour Yi’houd) ! » Là encore Ruth tiendra bon est acceptera toutes les conditions de sa belle-mère et elle la suivra jusqu’à Beth Léhem (en ISRAEL).

De cette discussion les Sages apprennent qu’avec le prosélyte on doit veiller à connaitre ses intentions pures de rejoindre le Clall Israël : pas en vue d’un mariage, ni pour des facilités financières… L’histoire est belle mais quel rapport avec Chavou’oth ? Le Rav Acher Weiss chlita disait que c’est un enseignement pour nous, qui sommes dans le giron du judaïsme, qu’à Chavou’oth c’est aussi la fête de l’acceptation renouvelée des Mitsvoth (à l’image de Ruth) ! De plus, c’est de montrer aux nouvelles générations que l’argent et les honneurs n’ont pas d’importance! Voir que cette jeune fille a tourné le dos à toutes les futilités de ce monde pour aller glaner les épis dans les plaines de Judée, le principal c’est qu’elle soit juive orthodoxe ! C’est un message clair de savoir la valeur de notre héritage et SURTOUT de ne pas se faire tourner la tête par tout le scintillement des paillettes (fausses) que propose la société. Intéressant non, qu’en dites-vous ? 

Le sippour

Avoir le bon œil !

Cette semaine j’ai le mérite de vous présenter ce court sippour qui s’est déroulé il y a quelques années sous les cieux cléments de la Terre sainte. Il s’agit d’un homme religieux (pour les connaisseurs, un orthodoxe) qui habite la ville de Bétar (à quelques km au sud de Jérusalem). Notre homme (Yehoxhoua) est marié depuis quinze années et pourtant n’a toujours pas la joie d’avoir d’enfants à la maison. Peut-être qu’une partie de mes lecteurs ne le savent pas, mais un des buts essentiels du mariage c’est d’amener de nouvelles âmes sur terre qui vont à leur tour servir Hachem.

Yehochoua durant toutes ces années d’attentes avait tout fait pour accéder à son désir profond (avoir des enfants) : il avait multiplié les prières, avait fait de nombreuses Tsedaka, et aussi prit conseil auprès d’experts dans le domaine. En vain ! Le couple avait tout fait dans son possible mais les choses restaient bloquées. Une fois, lors d’une de ses matinées Yehochoua se rendit au Kotel (Mur des Lamentations) pour faire sa prière journalière et épancher son cœur devant Hachem. Après sa Tefila, il posa ses mains sur les pierres du Kotel puis sa tête sur ses bras pour à nouveau prier. Yehochoua murmurait des mots d’espoir et de confiance tandis que son regard fixait le sol. Puis soudainement il remarqua juste à ses côtés un jeune père de famille qui fit approcher du mur trois fils, hauts comme trois pommes, les uns à côté des autres. Puis l’inconnu commença à dire à haute voix ce que les enfants répétaient à leur tour : « Maitre du monde aujourd’hui notre David (ndlr : pour de vrai !) commence à apprendre le ‘Houmach (la Tora écrite/ndlr David doit donc avoir 5 ans). Aide-le (Hachem) afin qu’il ait l’envie d’apprendre Ta Tora et qu’il devienne un véritable serviteur ! (ndlr : il existe encore de la pureté sur cette terre en 2026…) ». Yehochoua continue  : « Entre toute cette fratrie je discernais David qui fait de sa voix toute enfantine la même prière que son père et ses frères. Et moi, en mon fort intérieur je sentais mon cœur exploser : je voulais tant avoir des enfants qui leur ressemble. Rapidement l’émotion m’a submergée et j’éclaté en sanglots sans pouvoir me contenir ! De son côté, le père des garçons s’est relevé et m’a dévisagé tandis que je continuais à pleurer abondamment. Après un certain temps j’ai pu me calmer. Le père s’est alors adressé à moi : « Reb Yid, qu’est ce qui provoque ces pleurs ? Est-ce que je peux t’aider » ? » Je lui répondis : « Il ne me manque rien, j’ai de l’argent, un toit, j’ai tout ! Seulement il me manque beaucoup : je n’ai pas d’enfants ». Et à nouveau j’explosais sans pouvoir m’arrêter. Le père avait cette fois compris ce qui avait déclenché mes sanglots : le fait qu’il avait placé ses enfants les uns auprès des autres à ma proximité. Il me dit : « Je veux te demander pardon pour avoir provoqué chez toi une si grande peine ». J’ai subitement éternué puis je lui ai serré sa main : « ‘Hass vechalom ! Tu n’as pas à me demander pardon ! C’est moi qui dois demander pardon à Hakadoch baroukh Hou que je n’ai pas pu surmonter mes difficultés et ne pas être heureux pour ta joie… Maintenant je veux te bénir ici même devant le Kotel où les Sages ont dit que la Chekhina (présence Divine) n’a pas quitté ce lieu : Que Hachem te donne encore et encore d’autres enfants, tous Tsadikim bons et bénis du Ciel et que tu n’aies que des joies tous les jours de ta vie. » Le père était très impressionné d’une pareille bénédiction. Il me demanda mon nom ainsi que celui de ma mère et il m’assura qu’il allait prier avec ses enfants tous les jours avant qu’ils n’aillent se coucher jusqu’au moment où je le préviendrais d’une naissance. J’étais très content de cette proposition et nous échangeâmes nos numéros de téléphone (cacher, n’est-ce pas ?) dans l’espoir que se concrétise tous ces vœux.

La prière des jeunes enfants porta ses fruits… moins d’une année passa après cette seule et unique rencontre que la femme de Yehochoua donna naissance à son premier fils (après 16 ans d’attente !). Lors du Brith, le nouveau heureux père dit : « Je sais que Hachem m’a éprouvé sur le fait d’avoir un bon œil vis-à-vis de la réussite de mon prochain. C’est uniquement après avoir béni ce jeune père de famille (plus jeune que moi) en lui disant du fond du cœur « que D’ t’accorde d’autres enfants » que Hachem m’a gratifié de mon fils après tant d’années d’attentes.

Cette courte anecdote nous montre le pouvoir du bon regard sur son prochain, ses amis, ses proches. Hachem agit dans ce monde en fonction de notre comportement : Mida kenégued Mida. Si nous avons toujours le bon mot sur la réussite de nos proches (au niveau de la Paranassa, l’éducation des enfants, les mariages, etc.) alors en contrepartie nous aurons droit à notre délivrance comme le disait déjà le plus intelligent des rois, Chelomo dans Michelé (22,9) : « Tov ‘aïn hou yevorakh »/Un homme qui a un bon œil est béni (à son tour). Qui voudra bien commencer ?

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ veut.

David Gold

E-mail:

Tél : 00 972 55 677 87 47 

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