Attaques de drones, « mercenaires »… Le ton monte entre l’Ethiopie et le Soudan

Alors que la guerre civile faire rage depuis avril 2023 au Soudan entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), la tension est en train de monter avec un pays voisin. L’Ethiopie et le Soudan sont en effet pleine escalade verbale, qui fait craindre le pire.

Accusée par Khartoum d’« agression » contre son territoire après des attaques de drones, l’Ethiopie a dénoncé mardi le financement par l’armée soudanaise des « mercenaires » du TPLF, puissant parti de l’Etat régional éthiopien du Tigré. Depuis plusieurs mois, les tensions s’exacerbent entre le TPLF et les autorités fédérales éthiopiennes, faisant craindre un nouveau conflit dans cet Etat du nord de l’Ethiopie, sorti en 2022 de deux ans de guerre civile meurtrière (au moins 600.000 morts, selon l’Union africaine).

L’ambassadeur soudanais rappelé par Khartoum

Le Soudan a pour sa part rappelé son ambassadeur en Ethiopie, accusant Addis Abeba d’être impliqué dans l’attaque de drones lundi de l’aéroport de Khartoum avec les Emirats arabes unis.

Le porte-parole de l’armée soudanaise a, lors d’une conférence de presse mardi au petit matin, affirmé que son pays disposait de preuves suggérant que des drones avaient été lancés en mars depuis l’aéroport éthiopien de Bahir Dar, et ciblé des positions de l’armée soudanaise dans les Etats du Nil Blanc, du Nil Bleu et du Kordofan du Nord et du Sud. L’armée soudanaise a établi un lien entre un autre drone, parti du même aéroport éthiopien, et l’attaque de lundi, a annoncé ce même porte-parole.

L’ombre des monarchies du Golfe

« Les agissements de l’Ethiopie et des Emirats arabes unis constituent une agression directe contre le Soudan et ne resteront pas sans réponse », a averti ce porte-parole, Assim Awad. En mars, le gouvernement soudanais pro-armée avait déjà fait état d’attaques de drones « en provenance du territoire éthiopien », une mise en cause inédite du pays voisin. Addis Abeba avait démenti.

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Khartoum accuse régulièrement Abou Dhabi d’équiper les Forces de soutien rapide (FSR). Les Emirats arabes unis ont toujours nié avec véhémence toute ingérence, malgré les preuves alignées par des rapports internationaux.

La Corne de l’Afrique, région stratégique entre océan Indien et canal de Suez, sur l’une des routes commerciales les plus fréquentées du monde, est devenue selon de nombreux experts un « terrain d’affrontement » entre pétromonarchies du Golfe. Les Emirats, qui y ont la présence la plus visible, y sont d’après ces spécialistes partenaires de l’Ethiopie, du Somaliland, dont Israël a reconnu l’indépendance de la Somalie fin décembre dernier, et des FSR, tandis que Somalie, Erythrée et Egypte et l’armée soudanaise se sont rapprochées de l’Arabie saoudite.

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