Le Premier ministre espagnol a choisi de piquer le président américain Donald Trump à l’approche des mesures que ce dernier compte prendre | Le Royaume-Uni a également décidé d’émettre des critiques, après leur recul face à l’Iran.
Ma’ariv – Eli Leon
Le Royaume-Uni et l’Espagne refusent de plier devant Washington et répondent avec virulence aux informations faisant état de l’intention de l’administration Trump de les sanctionner. La colère dans les capitales européennes a été déclenchée par une révélation de l’agence de presse « Reuters », citant un e-mail interne du Pentagone. Selon ce document, Washington examine des options pour se venger des deux pays suite à leur refus d’accorder un soutien total à la guerre américaine contre l’Iran. Les menaces évoquées incluent le retrait du soutien des États-Unis à la souveraineté britannique sur les îles Malouines (Falkland), ainsi qu’une tentative sans précédent de suspendre l’Espagne de l’OTAN.
L’Espagne : « Nous ne travaillons pas par e-mails »
En Espagne, pays qui a affiché une position plus ferme que le Royaume-Uni contre la guerre en Iran, on refuse de s’émouvoir de ces menaces. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, qui a interdit aux États-Unis d’utiliser les bases aériennes sur son territoire pour des frappes en Iran, a clairement indiqué qu’il ne s’excusait pas de sa décision.
« Nous ne travaillons pas par e-mails », a lancé Sánchez avec ironie. « Nous agissons sur la base de documents officiels et de positions gouvernementales… La position espagnole est limpide : coopération avec les alliés, mais toujours dans les limites du droit international. »
Parallèlement, un responsable de l’OTAN a indirectement soutenu Madrid en précisant que le traité de l’Alliance ne contient aucune clause permettant la suspension ou l’expulsion d’un pays membre, rendant la menace américaine vide de sens.
Londres défend sa souveraineté
À Londres également, on a choisi de tracer une ligne rouge face à l’administration Trump, particulièrement au regard de la menace sur les îles Malouines, un sujet national sensible depuis la guerre de 1982. Un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer a déclaré : « Le gouvernement britannique ne pourrait être plus clair. La souveraineté appartient au Royaume-Uni et le droit des habitants des îles à l’autodétermination est primordial. »
La chef de l’opposition, Kemi Badenoch, a qualifié sur Sky News la menace pesant sur la souveraineté des îles de « pure absurdité ». Le 10 Downing Street s’est d’ailleurs empressé de rappeler que les habitants des Malouines avaient voté massivement par le passé pour rester un territoire britannique.
Un timing diplomatique explosif
Cet affrontement diplomatique survient à un moment particulièrement tendu pour les Britanniques, quelques jours seulement avant une visite d’État du roi Charles III aux États-Unis. La tension entre les dirigeants était déjà à son comble après que Starmer ait initialement refusé d’autoriser les Américains à utiliser les bases aériennes britanniques. Bien qu’il ait fini par céder pour des frappes spécifiques, le président Trump est resté frustré, qualifiant récemment Starmer de « vraiment pas un Winston Churchill ».
De son côté, le Pentagone ne lâche pas prise. Un porte-parole du département de la Défense a précisé qu’ils comptaient s’assurer que les alliés « ne soient plus des tigres de papier », garantissant que les tensions entre Washington et l’Europe sont loin d’être terminées.
Rappel des faits : Un e-mail interne du Pentagone révélé par Reuters détaille une série de mesures punitives possibles contre les alliés de l’OTAN pour leur manque de soutien lors des opérations contre l’Iran. Selon une source officielle américaine, ce document exprime une frustration profonde face à l’hésitation de certains pays à accorder des droits de survol et d’accès aux bases. Les propositions visent à signaler aux pays européens qu’ils doivent répondre aux attentes de l’OTAN et à réduire leur « sentiment d’impunité » (entitlement).
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