Alliance des numéros 10 : dans le collectif du maire LFI Bally Bagayoko, un ancien condamné pour tentative de meurtre sur des policiers
Présenté comme « militant associatif » à Villiers-le-Bel par l’Alliance des numéros 10, Adama Kamara doit participer ce dimanche au lancement du collectif structuré autour du maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko. En 2010, il avait été condamné à douze ans de réclusion criminelle dans le dossier des émeutes de Villiers-le-Bel.
Un militant associatif de gauche comme les autres ? Son nom apparaît aux côtés de ceux d’Assa Traoré, Sébastien Delogu, Aly Diouara ou encore Carlos Martens Bilongo. Ce dimanche 30 août, l’Alliance des numéros 10 doit lancer à Saint-Denis, fief du maire LFI Bally Bagayoko, son tour de France destiné à mobiliser les quartiers populaires et les abstentionnistes en vue de l’élection présidentielle de 2027.

Parmi les participants mis en avant par le collectif figure Adama Kamara, présenté comme « militant associatif » à Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise. Son parcours ne se limite pourtant pas au militantisme associatif. L’homme a été condamné à douze ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre en bande organisée sur des policiers, après les violences qui avaient secoué Villiers-le-Bel en 2007.
Les émeutes de Villiers-le-Bel
Tout commence le 25 novembre 2007. Deux adolescents circulant sur une moto-cross meurent après une collision avec une voiture de police à Villiers-le-Bel. Leur mort provoque plusieurs nuits d’émeutes dans la commune et les villes voisines.
Adama Kamara est arrêté quelques mois plus tard, en 2008. Son procès s’ouvre devant la cour d’assises du Val-d’Oise en juin 2010. Plusieurs témoignages le mettent alors en cause. Avec son demi-frère Abou Kamara, il est présenté par l’accusation comme l’un des meneurs des violences.
Comme le rapporte alors Le Parisien, un rapport établi par la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, où Adama Kamara est détenu, le décrit comme un « leader charismatique négatif ». Le document poursuit : « Quel que soit l’étage où il se trouve, il devient le meneur. »
Un ancien codétenu affirme qu’il lui aurait dit avoir « fumé un flic »
Parmi les témoignages entendus lors du procès, l’un est particulièrement lourd.
Comme le raconte Europe 1, un ancien codétenu d’Adama Kamara affirme devant la cour que celui-ci lui aurait expliqué s’être procuré une arme et avoir « fumé un flic ». Le témoin assure également avoir ensuite été menacé par Kamara s’il révélait leurs conversations. Adama Kamara conteste ces déclarations.
En juillet 2010, la cour d’assises le reconnaît coupable et le condamne à douze ans de réclusion criminelle, notamment pour tentative de meurtre sur des policiers dans l’exercice de leurs fonctions et en bande organisée ainsi que pour des infractions liées aux armes. Son demi-frère Abou est condamné à quinze ans.
Les deux hommes font appel. En octobre 2011, au terme d’un nouveau procès, leurs peines sont confirmées : quinze ans de réclusion pour Abou Kamara et douze ans pour Adama Kamara. Tous deux continuent de contester les faits, tandis que leur défense dénonce un procès reposant largement sur des témoignages, notamment anonymes.
Le « shérif » de la ZAC
À l’époque de son procès, Adama Kamara est déjà décrit comme une personnalité influente de Villiers-le-Bel.
Dans un article duNouvel Observateurpublié en 2011, un élu local interrogé sous couvert d’anonymat lui prête même un double visage : « Le jour, il aidait les vieilles dames à porter leurs courses, […] ramenait le calme dans la cité… La nuit, il allait chez son frère toucher sa part du trafic. »
Adama Kamara est également surnommé « le Shérif » ou « la Taupe », notamment autour du quartier de Derrière-les-Murs-de-Monseigneur, surnommé « la ZAC ». Un surnom qu’il semble avoir conservé. Le compte Instagram aujourd’hui associé à sa publication avec l’Alliance des numéros 10 utilise en effet le pseudonyme « lataupezac ».
Les coulisses de la politique locale
Après sa détention, son nom réapparaît surtout dans la vie politique de Villiers-le-Bel. En mars 2020, Le Parisien lui consacre même un article au titre évocateur : « Les manœuvres en coulisses du “shérif” de Villiers-le-Bel pour prendre la mairie ».
Le quotidien raconte alors le rôle joué par Adama Kamara autour de la liste d’opposition Ma voix ma ville, conduite par Sori Dembélé. Selon Le Parisien, c’est notamment lui qui aurait demandé à Sori Dembélé de devenir tête de liste pour les élections municipales de 2020. Il figure d’ailleurs régulièrement sur les photographies et dans la communication de campagne.
Toujours selon Le Parisien, Adama Kamara « se targue en coulisses de faire régner l’ordre selon ses propres critères ». Il est alors décrit comme une personnalité particulièrement influente dans certains quartiers de Villiers-le-Bel.
Sur cette même liste Ma voix ma ville figurait également un certain Carlos Martens Bilongo. Aujourd’hui député LFI du Val-d’Oise, il fait partie des principales figures de l’Alliance des numéros 10 qui se place sous un mot d’ordre : porter « un coup K.O. contre l’abstention et l’extrême droite ». Tant que ça ne finit pas en tentative de meurtre…
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