Après son succès dans la cybersécurité, Israël part à la conquête de l’IA mondiale

Israël ne veut pas simplement participer à la révolution de l’intelligence artificielle : il entend en devenir l’un des poids lourds. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le directeur de la Direction nationale de l’IA, le général de brigade (rés.) Erez Eskel, ont présenté le nouveau programme national israélien consacré à l’intelligence artificielle.

L’ambition affichée est considérable : faire d’Israël une « superpuissance mondiale » de l’IA, tout en utilisant cette technologie comme moteur de croissance économique et d’amélioration des services publics. Netanyahu compare l’ampleur du bouleversement attendu à celle de la révolution industrielle et estime que les pays qui tarderont à prendre le virage risquent d’être distancés.

Reproduire le succès israélien dans la cybersécurité

Le pari n’est pas totalement nouveau. Netanyahu veut reproduire avec l’intelligence artificielle la stratégie qui a permis à Israël de s’imposer dans la cybersécurité. Il rappelle qu’il y a une dizaine d’années, son ambition de placer Israël parmi les cinq grandes puissances mondiales du cyber avait suscité le scepticisme. Aujourd’hui, affirme-t-il, Israël occupe la deuxième place mondiale, derrière les États-Unis, pour les investissements dans les entreprises du secteur.

Le programme doit désormais passer de la planification à l’action. Il prévoit notamment le développement d’infrastructures informatiques de très grande puissance, dont ne disposent aujourd’hui qu’un nombre limité de pays, ainsi que la mise en place d’un ordinateur quantique national. Israël entend également exploiter ses avantages dans le cyber, l’IA appliquée au monde physique et les applications concrètes de l’intelligence artificielle.

Mais le principal enjeu sera humain. Erez Eskel place le capital humain au cœur de la stratégie et veut augmenter fortement le nombre d’Israéliens capables de travailler dans ces technologies afin de conserver l’avance technologique du pays. Plusieurs programmes sont déjà entrés dans leur phase opérationnelle.

L’initiative dépasse largement le seul secteur de la high-tech. Défense, Finances, Santé, Éducation, Affaires étrangères, Banque d’Israël, Autorité israélienne de l’innovation, Agence spatiale, universités et de nombreuses administrations sont associés au projet.

« Le futur ne nous attendra pas, nous le créons », a lancé Netanyahu. Après avoir bâti la réputation de la « Start-up Nation » et pris une place majeure dans la cybersécurité mondiale, Israël veut désormais réussir son prochain pari technologique : faire de l’IA un nouveau pilier de sa puissance économique et stratégique.

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