Pourquoi le message de Ticha BeAv est-il optimiste ?
La pensée du jour / Sivan Rahav-Meir
Ce soir marque le jour anniversaire du décès du « Netivot Chalom », le rabbin Chalom Noa’h Berezovsky, surnommé ainsi d’après le titre de son livre. Il est émouvant de voir comment, en ces jours qui précèdent Ticha BeAv, il parvient à y trouver tant d’espérance et un message destiné à chacun d’entre nous. Étudions quelques passages de son ouvrage Netivot Chalom :
« À Ticha BeAv, nous ne pleurons pas seulement ce qui existait autrefois et qui a disparu, car le peuple d’Israël ne se contente pas de conserver les souvenirs du passé lorsqu’ils ne sont pas liés au présent et à l’avenir. Le véritable sens du deuil est le refus de se résigner au présent, à la situation actuelle. »
Autrement dit, le deuil n’est pas seulement un sentiment d’abattement ou de nostalgie. Il exprime notre refus d’accepter la situation telle qu’elle est. Nous voulons réparer, nous aspirons à la délivrance et à une réalité parfaite. Le deuil est exactement le contraire de l’indifférence, de l’oubli et de la résignation.
Il poursuit ensuite en évoquant la manière d’exprimer notre peine. Même lorsque nous souffrons, quelle qu’en soit la raison dans notre vie, il est important de garder cela à l’esprit :
« Il existe deux sortes de larmes : celles du désespoir et de l’effondrement, et celles de l’espérance. Les larmes que nous versons sur la destruction du Temple sont des larmes d’espérance et de nostalgie. Nous ne pleurons pas seulement ce qui a disparu, mais ce qui doit encore advenir. »
Et qu’en est-il de chacun d’entre nous, sur le plan personnel ?
« Tout comme le peuple, l’individu se retrouve parfois plongé dans l’obscurité et les ténèbres. Mais tout comme le peuple, l’individu doit continuer à croire en la délivrance. »
Il ne s’agit donc pas uniquement d’une histoire nationale. Toute personne qui traverse une destruction intérieure, une épreuve ou une rupture peut puiser des forces dans la manière dont notre peuple a affronté ses propres crises.
Il conclut par une phrase percutante, qu’il est bon de garder à l’esprit lorsque nous voulons nous améliorer et grandir spirituellement :
« La pire chose qui puisse arriver est que l’être humain se résigne à sa situation ! »
Puissions-nous ne jamais nous résigner à notre situation, personnelle ou nationale, mais toujours chercher à réparer et à progresser.
À sa mémoire…*
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*Le rabbin Berezovsky ( 1911-2000) est surtout connu pour son ouvrage en sept volumes, Netivot Sholom (נתיבות שלום, « Chemins de la paix »), qui jouit d’une immense popularité dans le monde orthodoxe
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