Après une nuit de frappes réciproques entre les États-Unis et l’Iran, le président Trump a déclaré que l’accord était terminé. À Téhéran, l’agence Fars a appelé à l’abandon des négociations, tandis qu’en Israël, on se prépare à l’éventualité d’une extension du conflit qui pourrait inclure des tirs directs vers le territoire israélien.
Kol réga’ – Meir Gilboa
Après une nuit où la machine de guerre américaine s’est remise en marche contre l’Iran et où Téhéran a répliqué en ciblant des installations américaines dans le Golfe, Israël est entré dans une période de vive vigilance. Les services de sécurité suivent de près la prochaine initiative des Iraniens et examinent si l’affrontement restera confiné aux frontières du Golfe ou s’il s’étendra jusqu’à Israël.
La tension est montée d’un cran au cours de la journée lorsque le président américain Donald Trump a déclaré que, selon lui, le protocole d’accord avec l’Iran était caduc. Interrogé à Ankara sur la validité actuelle de l’accord, il a répondu : « Pour ma part, je pense que c’est fini. Je ne veux pas négocier avec eux », ajoutant que la poursuite des contacts avec les dirigeants de Téhéran était une « perte de temps ».
Peu de temps après, un appel similaire a retenti en Iran. L’agence de presse Fars, affiliée aux Gardiens de la révolution, a publié un éditorial appelant les dirigeants de Téhéran à déclarer officiellement l’annulation du protocole d’accord, à cesser les négociations en cours et à annuler les discussions futures avec les États-Unis.
L’article soutient que les États-Unis ont violé les ententes à plusieurs reprises en reprenant les frappes sur le territoire iranien, en restreignant l’accès aux avoirs iraniens et en annulant les dérogations permettant à Téhéran de vendre son pétrole. Selon Fars, après que le président Trump lui-même a acté la fin du protocole, il n’y a plus aucune raison pour que l’Iran continue d’y être lié de manière unilatérale. Bien que cet appel ne soit pas une annonce officielle du régime, il reflète la pression croissante de l’aile dure à Téhéran pour clore la voie diplomatique et se préparer à la suite de la confrontation.
Le bilan des frappes et des ripostes
La vague de frappes américaines a été déclenchée après l’attaque de trois pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Le Commandement central de l’armée américaine (CENTCOM) a annoncé que plus de 80 cibles avaient été frappées par des munitions de précision, notamment des systèmes de défense aérienne, des réseaux de commandement, des radars côtiers et des sites de lancement de missiles antinavires.
Selon l’armée américaine, plus de 60 petites embarcations des Gardiens de la révolution opérant dans le détroit d’Ormuz et ses environs ont également été touchées. Washington a affirmé que l’opération visait à dégrader la capacité de l’Iran à attaquer les routes maritimes internationales et à lui faire payer le prix de la violation du cessez-le-feu.
L’Iran a répliqué par des tirs de missiles et de drones vers des installations militaires américaines à Bahreïn et au Koweït. Les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir frappé une série d’objectifs et abattu un drone américain de type MQ-9 qui tentait, selon eux, d’interférer avec l’opération. Les systèmes de défense dans les États du Golfe ont été activés, mais le bilan complet de ces attaques reste encore à établir.
Selon des informations d’Amir Bohbot publiées sur Walla, l’armée américaine n’a pas réduit les forces positionnées dans la région avant le cessez-le-feu. Ces effectifs restent configurés de manière à pouvoir basculer rapidement d’une opération limitée à une campagne de grande envergure, si la décision en était prise à Washington.
Il a également été rapporté que, selon des contrats conclus avec des fournisseurs locaux par l’intermédiaire du ministère de la Défense et de Tsahal, les forces américaines devraient prolonger leur présence en Israël au moins jusqu’au début de l’année 2027. Une source sécuritaire a qualifié la situation de « fragile et explosive », affirmant que l’armée américaine se prépare très sérieusement à une reprise des hostilités.
Les évaluations stratégiques en Israël
Malgré l’état d’alerte, les responsables de la sécurité en Israël estiment que l’Iran ne souhaite toujours pas retourner à une guerre totale. Téhéran chercherait plutôt à maximiser ses gains dans les négociations, à gagner du temps et à utiliser son contrôle sur le détroit d’Ormuz pour faire pression sur les États-Unis et l’économie mondiale.
De même, selon les analyses israéliennes, il n’existe pas de volonté marquée au sein de l’administration américaine d’ouvrir une campagne globale à ce stade. Toutefois, il reste difficile de prévoir la réaction du président Trump si les Iraniens continuent de cibler des pétroliers et des installations américaines, ou s’ils multiplient les menaces directes à son encontre. Un haut responsable de la sécurité a déclaré à Walla : « Il est évident que si la tendance iranienne se poursuit, il pourrait perdre patience. »
Pour Israël, la question centrale est de savoir si l’Iran choisira de l’inclure dans son champ de riposte. Pour l’instant, les frappes iraniennes se sont concentrées sur des objectifs américains dans le Golfe, mais les autorités israéliennes n’excluent pas l’éventualité que Téhéran tente d’élargir le conflit s’il estime que la confrontation avec Washington échappe à son contrôle.
Cette escalade affecte déjà les routes maritimes et l’économie mondiale. Selon Reuters, au moins quatre navires transportant du pétrole et du gaz ont rebroussé chemin pour éviter le détroit d’Ormuz à la suite des attaques. Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 %, alimentés par la crainte de nouvelles perturbations sur l’une des voies énergétiques les plus cruciales de la planète.
Parallèlement, l’Iran continue d’exiger en coulisses que le Hezbollah soit inclus dans tout accord avec les États-Unis. Téhéran souhaiterait que la cessation des opérations israéliennes contre l’organisation libanaise soit intégrée dans un accord plus large, mais se heurte à un refus catégorique d’Israël et à un rejet américain. Israël voit dans l’affaiblissement actuel du Hezbollah une occasion de démanteler les infrastructures terroristes dans le sud du Liban et refuse de renoncer à sa liberté d’action.
La déclaration du président Trump et l’appel publié par l’agence Fars font désormais peser de lourdes incertitudes sur l’avenir des négociations. Les prochaines heures devraient déterminer s’il s’agit d’un nouvel échange de coups limité visant à transmettre des messages sans basculer dans la guerre, ou d’un point de rupture ouvrant la voie à un conflit régional majeur. Israël se prépare aux deux scénarios.
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