Le tribunal administratif de Besançon a annulé jeudi l’interdiction de la conférence du militant Salah Hamouri, la qualifiant d’ « atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression ». Accusé d’antisémitisme par des élus locaux, l’avocat franco-palestinien s’est donc exprimé lors du Besac Antifa Fest, un festival antifasciste organisé par le « Comité pour Clément » et un grand nombre d’associations et organisations bisontines.
De plus, l’instance a condamné l’Etat à verser « à M. Hamouri, l’association France Palestine Solidarité [AFPS, ndlr] et l’association « Comité pour Clément » la somme de 1 000 euros« . Le Comité et l’AFPS étaient les deux instances qui avaient déposé un recours devant le tribunal administratif suite à l’arrêté préfectoral.

C’est un camouflet pour le préfet du Doubs, Rémi Bastille, mais aussi pour le maire de Besançon et spn conseil municipal, qui avaient demandé l’interdiction et annulé la réservation de la salle Mandela pour l’événement.
Franck Monneur, adjoint à la culture du maire (Les Républicains) Ludovic Fagaut, avait d’ailleurs taxé Salah Hamouri « d’antisémite notoire« , « être abject » et « Palestinien antisémite« , reprenant ainsi les arguments des renseignements israéliens, qui accusent l’avocat de terrorisme.
Mais le tribunal a statué : « Le préfet ne rapporte la preuve d’aucun propos antisémite précis imputable au requérant ni ne soutient qu’il aurait fait l’objet de poursuites pénales pour des propos de ce type » explique-t-elle. « De la même façon, il n’est pas sérieusement contesté que les incidents qui ont eu lieu à l’occasion des précédentes conférences données par M. Hamouri sont restés limités et résultent d’opposants à ses idées et non directement des propos qu’il aurait tenus lors de ces réunions publiques« .
« Le préfet du Doubs n’établit ni même ne soutient que les forces de l’ordre ne seraient pas en mesure d’en assurer la sécurisation », a ajouté le tribunal.
Mes Bourdon et Brengarth ont rappelé que « déjà à deux reprises, les tribunaux de Nancy et de Lyon ont suspendu des arrêtés comparables, jugeant dans les deux cas que l’interdiction constituait « une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale »« . Cela fait désormais trois, en comptant la décision du tribunal administratif de Besançon
Vu l’heure du jugement, Salah Hamouri n’a pu intervenir qu’en visioconférence dans une autre salle, mais une centaine de personnes ont pu assister à sa conférence.
CAPJPO-Europalestine
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