Si un cessez-le-feu a été négocié puis prolongé en avril, le conflit israélo-américano-iranien demeure fragile. D’autant plus que certains gouvernements occidentaux restent en état d’alerte face à Téhéran qui tient responsables certains pays de l’assassinat de hauts responsables iraniens, dont le Guide suprême Ali Khamenei.
Selon certains experts, l’Iran cherchera probablement à exercer des représailles. « Ils rêveraient de pouvoir neutraliser un atout majeur américain, comme une base, un navire de guerre ou un dirigeant. Quelque chose d’aussi important que la mort du Guide suprême », explique au Financial Times John Raine, ancien haut responsable de la sécurité nationale britannique et actuel conseiller principal à l’Institut international d’études stratégiques qui précise que ces actes de « vengeance » pourraient se dérouler en marge de la guerre au Moyen-Orient. « Ce sera un plat qui se mange froid », ajoute l’expert.
Des méthodes peu scrupuleuses
Comme le note le Financial Times, les services de renseignement occidentaux accusent depuis longtemps l’Iran de campagnes d’intimidation, d’enlèvements, voire d’assassinats d’opposants sur des territoires étrangers. Pour mener leurs opérations, ils ont recours à une « économie de petits boulots », comme l’explique un analyste interrogé par nos confrères.
L’Iran fait appel à des organisations criminelles pour cibler des dissidents iraniens ou des ressortissants étrangers. « La structure est complexe : une personne en Iran contacte un intermédiaire, par exemple en Roumanie ou en Tchétchénie, qui gère ensuite les agents dans le pays ciblé. Cela crée une distance et une possibilité de déni plausible », déclare un ancien responsable de la sécurité européenne.
Parmi ce type d’actes de représailles, le quotidien britannique cite notamment la tentative d’assassinat de la militante et présentatrice Masih Alinejad à New York en 2022. Comme le rappelle Roger Macmillan, expert en contre-terrorisme et sécurité, les enquêteurs avaient détecté un contact entre l’Iran et une personne en Tchétchénie qui coordonnait des agents sur place.
Le tireur avait été arrêté avant de passer à l’acte. Plus récemment en Europe, plusieurs pays ont provisoirement accusé l’Iran d’avoir orchestré une vague d’incendies criminels et d’autres attaques, dont au moins cinq attentats au Royaume-Uni en une semaine.
Des capacités affaiblies mais pas neutralisées.
Si des experts pointent ce risque de menaces au sein des pays occidentaux, ils rappellent que la guerre a affaibli une partie de l’appareil sécuritaire iranien puisque plusieurs figures du renseignement ont été assassinées, limitant ainsi des opérations immédiates orchestrées par Téhéran à l’étranger.
Les réseaux iraniens à l’étranger sont également fortement infiltrés par les services occidentaux comme l’a illustré l’affaire John Bolton. En 2024, Washington avait accusé un membre présumé du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien d’avoir tenté d’organiser l’assassinat de l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. Le contact recruté par Téhéran s’est avéré être un informateur du FBI.
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