« Frapper vite, loin et fort »… Premier tir réussi pour le Thundart, le système de frappe dans la profondeur de MBDA et Safran

C’est l’un des deux systèmes qui pourrait remplacer les actuels Lance-roquettes unitaires (LRU) de l’armée de Terre française. Le groupement Safran-MBDA a annoncé ce mercredi avoir procédé, « avec succès », au tout premier tir du Thundart, son nouveau système de frappe sol-sol dans la profondeur, jusqu’à 150 km, le 14 avril dernier sur le site DGA/Essais de missile de l’île du Levant (Var).

La DGA (Direction générale de l’armement) a confié à deux groupements momentanés d’entreprises, Safran/MBDA et Thales/ArianeGroup, un « partenariat d’innovation » dans le cadre du programme FLP-T (Frappe Longue Portée – Terrestre), pour le développement d’une « solution souveraine complète (lanceur, munitions et partie guidage/navigation) », d’ici à 2030. Ce système remplacera l’actuel LRU, un dérivé du système américain M270 MLRS qui équipe le 1er régiment d’artillerie de l’armée de Terre. Sa portée n’est que de l’ordre de 70-80 km, et il sera de surcroît bientôt frappé d’obsolescence.

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Le 10 mars dernier, ArianeGroup a présenté la FLP-T 150, une nouvelle roquette guidée destinée à équiper le système X-Fire, d’une portée de 150 km également, qu’il développe avec Thales, en concurrence du Thundart. La compétition entre les deux systèmes est « très ouverte » avait indiqué en avril Patrick Pailloux, le nouveau directeur de la DGA.

Une vitesse située entre Mach 1 et Mach 5

Le Thundart est un système d’artillerie complet, « adapté à la haute intensité », détaille Michaël Soulat, directeur du département des systèmes de combat aéroterrestre chez Safran Electronics & Defense. « Ce n’est pas qu’une munition, c’est un système entier qui repose sur un camion équipé de huit roues motrices, disposant d’une grande mobilité puisqu’il peut se déplacer sur route jusqu’à 90 km/heure, ce qui lui permet donc de délivrer le tir et de rapidement changer de position, pour ainsi éviter les tirs ennemis ainsi que les drones ».

Le Thundart dispose d’une capacité de huit roquettes par lanceur, réapprovisionnables sur le terrain. « Son objectif est de traiter des cibles ennemies dans la profondeur, comme l’artillerie adverse, les systèmes de défense sol-air, les centres de commandement…, ajoute Hugo Coqueret, en charge du développement des activités de combat terrestre chez MBDA. Il faut donc pouvoir frapper vite, loin et fort, ce qui a des conséquences sur la munition que l’on a développée, qui a des capacités situées dans le haut supersonique (entre Mach 1 et Mach 5), avec une charge militaire de 100 kg et une portée de 150 km pour aller chercher l’échelon arrière des forces ennemies. » Enfin, le système pourra évoluer « dans des environnements brouillés où la guerre électronique est omniprésente », comme c’est le cas en Ukraine.

« La solution est pensée et conçue entièrement en France »

Il s’agit également d’un système entièrement souverain, insistent les deux industriels. « La solution est pensée et conçue entièrement en France » souligne Michael Soulat. « Cela permet de maîtriser la chaîne de production de bout en bout, ce qui permettra d’augmenter le cas échéant les cadences » ajoute Hugo Coqueret.

« De la feuille blanche jusqu’à ce tir de démonstration le 14 avril, il s’est déroulé dix-huit mois » a indiqué ce mercredi Hugo Coqueret, insistant sur la vitesse de développement du projet, grâce notamment à l’intégration de sa filiale, Roxel. Le nouveau propulseur développé pour Thundart a, lui, été développé en moins de dix mois. Pour le reste, « on repart de briques technologiques matures et éprouvées, comme le kit de guidage des bombes AASM [qui équipent le Rafale] ».

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Cette première phase réunit déjà une centaine de personnes des deux entreprises, qui travaillent « de manière quotidienne sur ce projet ». Une société commune entre les deux industriels sera créée, pour porter la production du système, « si le contrat nous est notifié » précise Hugo Coqueret. « Elle portera aussi les évolutions possibles du système, comme des extensions de portée. » La livraison est attendue pour 2030, mais une première capacité partielle pourrait être fournie dès 2029, « si le contexte international l’exigeait ».

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