14-Juillet: Emmanuel Macron veut montrer les muscles

14-Juillet : pour son dernier défilé militaire, Emmanuel Macron veut montrer les muscles

A l’heure de son dernier défilé militaire du 14-Juillet, Emmanuel Macron entend mettre à l’honneur le renforcement stratégique français mais aussi européen. Depuis 2017, le chef de l’État a largement durci le ton, au regard des tensions, toujours plus nombreuses, à l’échelle internationale.

Une dernière danse pour le chef de l’État. Ce mardi, Emmanuel Macron présidera son ultime défilé du 14-Juillet, à l’approche de la fin de son second quinquennat. Depuis sa première édition, sous l’interprétation de «Get Lucky», musique emblématique des Daft Punk, devant le président américain Donald Trump, le ton a radicalement changé en raison d’un contexte international de plus en plus indécis.

A cette occasion, Emmanuel Macron entend montrer les muscles lors d’un «défilé hors norme». Au lendemain d’un sommet de la coalition des volontaires, en soutien à l’Ukraine, qui a rassemblé au moins 25 chefs d’État et de gouvernement à Paris, 500 soldats des pays membres de la coalition ouvriront la traditionnelle parade militaire. Une démonstration qui se veut «historique», avec un record de 6.800 défilants à pied et 30% d’aéronefs et véhicules en plus que les années précédentes.

Une invitation qui vise à envoyer «un message fort de l’Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu’il faut prendre en main son destin», a exprimé l’Élysée.

Un réarmement stratégique

Face à un conflit en Ukraine qui dure et un conflit au Moyen-Orient, entre l’Iran et les Etats-Unis, qui touche directement la France, provoquant notamment la hausse du prix des carburants, le dernier défilé doit permettre d’illustrer le «réarmement stratégique de la France et le réveil stratégique européen».

C’est une «armée modernisée» qui défilera, a ajouté l’Elysée, rappelant que le budget des Armées «aura doublé entre 2017 et 2026». Plus généralement, le budget de la Défense est également passé de 32 à plus 66 milliards par an. «Notre engagement au sujet du réarmement a été tenu», a-t-il déclaré ce lundi.

Ce sera une «première» : des «aéronefs dotés d’armements fictifs» défileront, ainsi que des hélicoptères «au-dessus des chars de façon à reproduire ce qui peut se passer sur le champ de bataille», là aussi dans le but d’apporter un «signalement stratégique».

La composante internationale de la parade sera aussi marquée par la présence dans le défilé aérien de plusieurs pays, dont deux copilotes ukrainiens qui accompagneront l’ouverture initiée par la Patrouille de France.

Un président en action «jusqu’à la dernière seconde»

Ce défilé n’est pas le premier pas d’une tournée d’adieu pour le président de la République. En effet, le chef de l’État se voit dans l’action «jusqu’à la dernière seconde». Dans un an, le 14 mai au plus tard, son second quinquennat prendra fin. A seulement 49 ans, il sera donc un ancien président.

Pour autant, le locataire de l’Élysée a tenté d’inscrire sa marque dans le temps. Après avoir perdu une grande part de son champ d’action sur la politique nationale, en raison notamment de la dissolution de l’Assemblée, Emmanuel Macron a porté la majorité de ses déplacements et déclarations sur l’international, et le réarmement de la France et de l’Europe.

Des propos souvent accompagnés d’annonces et… d’images. Le 2 mars dernier, depuis l’Ile Longue, en Bretagne, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une «dissuasion avancée» avec l’augmentation du nombre de têtes nucléaires, le renforcement de toutes nos capacités et leur coordination avec des partenaires européens.

Une évolution majeure de la doctrine tricolore, avec l’augmentation du nombre de têtes nucléaires et de missiles, le rehaussement de toutes les capacités offensives et défensives, maritimes et d’aviation, ainsi que leur coordination avec des partenaires européens.

«Dans un monde dangereux et instable, pour être libre, il faut être craint», avait martelé le président de la République, d’un ton grave. Citant tour à tour «la brutalisation du monde», les menaces venues de «toutes les puissances nucléaires mondiales», renforcées par «leurs récentes alliances», ainsi que les conflits majeurs en cours aux quatre coins du globe.

Le président de la République a ainsi rappelé l’importance «d’une reprise de contrôle», de la France et de l’Europe, de «son destin» et a fortiori de sa défense. En cas de menace, «je n’hésiterai jamais à prendre la décision d’utiliser notre arsenal. Aucun État si puissant ou si vaste soit-il ne s’en remettrait ni ne pourrait s’y soustraire», a prévenu Emmanuel Macron, tout en rappelant qu’«un seul sous-marin nucléaire français possède l’équivalent de mille fois la puissance de la première bombe atomique lancée par les États-Unis pendant la Seconde guerre mondiale.

JForum.fr avec CNEWS
Depuis son premier défilé du 14-Juillet, en 2017, Emmanuel Macron a durci le ton. [Metin Aktas/Pool via REUTERS]

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