Souccot : à Netanya comme à Raanana, la course contre la montre pour vendre les Quatre Espèces

À quelques jours de Souccot, le marché des Quatre Espèces — loulav, etrog, myrte et saule — vit sa période la plus intense de l'année. Vendeurs et acheteurs se pressent dans une fenêtre de quatre jours à peine, avant une fermeture imposée par les municipalités. La chemita, cette année biblique de jachère, a par ailleurs durablement transformé les prix et l'origine des etrogim vendus en Israël.

2 min de lecturePar la rédaction
Souccot : à Netanya comme à Raanana, la course contre la montre pour vendre les Quatre Espèces
Photo : Illustration générée par IA

Le marché mondial des Quatre Espèces, estimé entre 40 et 60 millions de dollars selon des médias juifs cités par l'agence TPS-IL, ne s'ouvre réellement que dans les quatre jours séparant Kippour de Souccot. Les producteurs livrent leurs lots à des entrepôts situés principalement à Bnei Brak et à Jérusalem, où des centaines de milliers de sets sont ensuite triés avant d'être rachetés par des grossistes puis des détaillants. Un marchand peut acquérir entre 200 et 1 500 sets à la fois avant de les revendre directement aux particuliers.

Des prix qui s'effondrent à l'approche de Souccot

Contrairement à un produit agricole classique, l'etrog n'a pas de prix fixe : sa valeur dépend de critères religieux et esthétiques précis, un fruit sans défaut et à la tige intacte pouvant valoir plusieurs fois le prix d'un exemplaire abîmé. Selon Eliran Nachmias, enseignant qui loue depuis quinze ans des sous-sols de synagogues à Netanya pour vendre des sets, la pression du temps dicte les prix : dès 11 heures la veille de Souccot, les vendeurs commencent à baisser leurs tarifs, sachant que la police fera fermer les stands à 14 heures sur ordre de la municipalité. « Certains vendeurs se retrouvent avec 200 ou 300 sets invendus et refusent malgré tout de baisser le prix d'un seul shekel », rapporte-t-il, évoquant une question de principe autant que de commerce. Dans les communautés hassidiques en revanche, où un etrog peut coûter entre 200 et 300 shekels (66 à 100 dollars), les prix restent fixes jusqu'au bout.

Les règles strictes de la chemita ont changé le marché

La dernière année de chemita, en 2021, a durablement transformé le paysage du marché. Cette année sabbatique biblique impose que les produits agricoles de la Terre d'Israël deviennent, pendant douze mois, propriété collective : les autorités rabbiniques rachètent alors l'ensemble de la production d'etrogim israéliens et imposent aux vendeurs de les céder dans des boîtes scellées, à des prix fixés à l'avance. Les etrogim cultivés hors d'Israël échappent à cette contrainte. C'est ce qui explique, selon Eliran Nachmias, l'essor durable de l'etrog marocain depuis 2021 : les acheteurs, familiarisés avec ce fruit pendant l'année de chemita, ont continué à s'en procurer les années suivantes. Plus onéreux que l'etrog israélien, il se négocie aujourd'hui entre 250 et 1 000 shekels (82 à 328 dollars), et des dizaines de milliers d'exemplaires circulent désormais chaque année sur le marché.

La fermeture des marchés, dernière étape avant la fête

Contrairement à l'etrog, les branches de myrte et de saule font rarement l'objet de tensions commerciales : conditionnées sous vide plusieurs mois à l'avance, elles perdent rapidement leur éclat une fois sorties de leur emballage, ce qui alimente un petit marché de remplacement pendant les jours intermédiaires de la fête pour les acheteurs souhaitant renouveler leur bouquet. Cette année, la fermeture des stands est intervenue le vendredi après-midi, à 14 heures, conformément aux règles municipales en vigueur dans des villes comme Ra'anana. Selon Ron Nave, qui gère trois stands loués par la municipalité, la clé du métier tient à la lecture des flux d'acheteurs : « il faut savoir quand faire une pause et quand se préparer à la prochaine vague ». Passé ce délai, les invendus perdent toute valeur commerciale jusqu'à l'année suivante.

Questions fréquentes

Pourquoi le marché des Quatre Espèces ne dure-t-il que quatre jours ?
La vente se concentre entre Kippour et Souccot, car les Quatre Espèces perdent toute valeur commerciale une fois la fête commencée. Les municipalités imposent une fermeture des stands, généralement en début d'après-midi la veille de la fête.
Qu'est-ce que la chemita et quel est son lien avec le prix des etrogim ?
La chemita est l'année sabbatique biblique où la production agricole d'Israël devient collective. Lors de la dernière chemita, en 2021, les autorités rabbiniques ont imposé la vente des etrogim israéliens en boîtes scellées à prix fixe, ce qui a favorisé l'essor des etrogim marocains, non soumis à cette règle.
Que faire si le myrte ou le saule se dessèchent pendant la fête ?
Ces branches, conditionnées sous vide, perdent vite leur fraîcheur. Un petit marché de remplacement existe pendant les jours intermédiaires de Souccot pour renouveler ces éléments du bouquet.

Sources : JNS

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