Allergies en milieu scolaire : le ministère de l'Éducation sans données devant la Cour

Devant la Cour suprême, le ministère de l'Éducation a reconnu lundi ne disposer d'aucune donnée sur le nombre d'enfants allergiques scolarisés en Israël, ni sur les réactions allergiques survenues en classe. Cette admission intervient dans le cadre d'un recours déposé par l'association Yahal contre un programme pilote retirant les auxiliaires médicaux des classes de CP et CE1.

3 min de lecture1 vuePar la rédaction
Allergies en milieu scolaire : le ministère de l'Éducation sans données devant la Cour
Photo : Illustration générée par IA

Le ministère de l'Éducation a admis, lundi, lors d'une audience devant la Cour suprême, qu'il ne dispose d'aucune donnée sur le nombre d'enfants souffrant d'allergies dans le système scolaire israélien, sur le nombre de réactions allergiques survenues en milieu scolaire, ni sur le nombre d'évacuations qui en ont résulté. Cette reconnaissance a été faite en réponse à une pétition déposée par l'avocat Gilad Bar Tal, conseiller juridique de l'association Yahal, contre ce que l'organisation qualifie d'expérimentation menée sur des enfants allergiques.

Le litige porte sur un programme pilote du ministère visant à retirer les auxiliaires médicaux des classes de première et deuxième années, pour les remplacer par un accompagnement assuré par des infirmières scolaires. Ce programme, révélé initialement par le site Walla, a débuté au commencement de l'année scolaire en cours dans dix établissements.

Un programme pilote contesté par les parents

La pétition fait suite à l'opposition de parents d'élèves et de l'association Yahal à cette réforme. Selon l'association, le ministère continue d'affirmer que le nouveau modèle est adapté et sûr, en dépit de l'absence de données disponibles pour l'étayer.

Durant l'audience, Me Bar Tal a exposé les arguments des requérants, soulignant que des questions essentielles sur la gestion des urgences allergiques en temps réel restent sans réponse. Il s'agit notamment de savoir comment le personnel scolaire réagira lorsqu'un enfant présentera une réaction, comment l'infirmière sera alertée, et quel délai s'écoulera avant qu'un traitement d'urgence ne soit administré.

L'association affirme également que l'État a présenté ce programme comme accompagné d'un processus de recherche scientifique, alors que cette recherche n'a pas encore commencé. Selon les requérants, un appel d'offres est actuellement en cours pour désigner l'organisme académique chargé de conduire cette étude à un stade ultérieur, ce qui signifie que le modèle a été lancé avant même qu'un cadre de recherche ne soit établi pour en mesurer l'efficacité et les conséquences éventuelles.

Les réactions des parties devant la Cour

Les représentants des requérants ont par ailleurs critiqué la position de l'Association des allergologues, exprimée lors de l'audience. Yahal estime que cette position ne prend pas suffisamment en compte les effets émotionnels et psychologiques des allergies potentiellement mortelles sur de jeunes enfants, et que la sécurité du modèle ne peut être évaluée sur la seule base des cas de décès ou d'incidents médicaux graves.

« Nous ne vivons pas selon des statistiques, nous faisons face à une réalité », a déclaré l'association à l'issue de l'audience. « Outre la peur d'une crise pouvant causer des dommages irréversibles, même une réaction dite légère reste une crise allergique. Le sentiment de sécurité des enfants compte aussi, et à six ou sept ans, la solution d'une infirmière scolaire est tout simplement insuffisante. Nos enfants méritent d'apprendre libres, en bonne santé physique et mentale, comme tous les autres. »

L'association a précisé qu'elle ne s'oppose pas par principe à l'examen de nouveaux modèles d'accompagnement, mais à la méthode employée par le ministère. « Nous ne sommes pas contre le changement, ni contre l'examen d'autres modèles que les auxiliaires. Nous sommes contre une décision unilatérale, sans données suffisantes, sans justification claire, sans critères définissant la réussite ou l'échec, et surtout sans réponse à la question la plus importante : pendant que le ministère mène son expérimentation, nos enfants sont-ils en sécurité dans le système scolaire ? » Elle a ajouté : « On ne peut pas mener une expérience sur le dos de nos enfants et vérifier après coup si elle a réussi, sans critères clairs de succès ou d'échec. Nos enfants ne sont pas une ligne budgétaire, et leur vie n'est pas une expérience. »

La suite de la procédure

La Cour suprême doit désormais se prononcer sur la pétition déposée par Yahal, qui demande l'arrêt du programme pilote tant qu'un cadre de recherche rigoureux et des données fiables ne seront pas établis. Le ministère de l'Éducation, de son côté, n'a pas indiqué s'il comptait suspendre le dispositif dans les dix écoles concernées en attendant la décision judiciaire.

Questions fréquentes

Quel est l'objet du recours devant la Cour suprême ?
L'association Yahal conteste un programme pilote du ministère de l'Éducation qui retire les auxiliaires médicaux des classes de CP et CE1 pour les remplacer par un accompagnement d'infirmières scolaires.
Combien d'écoles sont concernées par ce programme pilote ?
Selon les informations disponibles, le programme a débuté dans dix établissements au début de l'année scolaire en cours.
Le ministère dispose-t-il de données sur les allergies en milieu scolaire ?
Non, il a admis devant la Cour suprême ne pas avoir de données sur le nombre d'enfants allergiques, les réactions survenues en classe ni les évacuations qui en ont résulté.

Sources : The Jerusalem Post

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