Zamir valide la prudence

Vues:

Date:

Zamir valide la prudence

Le débat sur les buts réels de la guerre au Liban ne se joue plus seulement sur le terrain. Il se joue aussi dans les mots employés par l’armée israélienne, et dans ce qu’ils révèlent des limites de l’offensive en cours. Après la polémique provoquée par les propos d’un haut gradé affirmant que le désarmement du Hezbollah ne faisait pas partie des objectifs immédiats de la campagne, l’état-major a choisi de ne pas reculer. Au contraire, le chef d’état-major Eyal Zamir a soutenu cette lecture, validant une ligne plus pragmatique : dans l’immédiat, il ne s’agit pas d’éliminer totalement l’arsenal du Hezbollah, mais d’affaiblir durablement l’organisation et de démilitariser la zone comprise entre la frontière israélienne et le Litani.

Cette clarification a une portée politique évidente. Depuis plusieurs jours, les autorités israéliennes envoient des signaux parfois contradictoires sur l’ambition réelle de l’opération. D’un côté, certains responsables continuent d’évoquer le désarmement du Hezbollah comme horizon stratégique. De l’autre, l’armée admet désormais qu’un tel objectif supposerait une guerre d’une tout autre ampleur, impliquant de contrôler l’ensemble du Liban, ce qui n’est pas le plan actuel. Ce que dit en creux l’état-major est simple : la campagne en cours vise moins une victoire totale qu’une réduction de la menace. Cette ligne traduit un retour au réel, mais elle expose aussi la tension persistante entre logique militaire et discours politique.

Sur le terrain, l’armée israélienne affirme avoir identifié des signes d’usure au sein du Hezbollah. Des interrogatoires de prisonniers et des évaluations militaires font état d’une baisse du moral, de refus de combattre plus au sud et de replis de certaines unités vers le nord. En parallèle, Tsahal poursuit une double manœuvre : une pression terrestre avec plusieurs divisions engagées dans le sud du Liban, et une intensification des frappes contre des infrastructures, des centres de commandement et des positions attribuées au Hezbollah, notamment à Beyrouth et dans la Bekaa. L’armée israélienne affirme avoir déjà frappé plus de 3 500 cibles et tué environ un millier de combattants du mouvement chiite depuis le début de cette nouvelle phase du conflit. Ces chiffres, impossibles à vérifier indépendamment dans le détail, montrent néanmoins l’ampleur de l’escalade et la volonté d’Israël d’augmenter encore la pression dans les prochains jours.

Mais c’est précisément là que se situe le paradoxe. Plus l’armée précise que son objectif est limité, plus elle reconnaît implicitement que le Hezbollah ne sera pas neutralisé rapidement. Affaiblir n’est pas désarmer. Créer une zone démilitarisée n’est pas faire disparaître l’adversaire. Cette nuance, professionnelle du point de vue militaire, risque d’être politiquement explosive dans un pays où les habitants du nord attendent avant tout une garantie claire de sécurité durable. Elle montre aussi que, malgré l’intensification des opérations, Israël semble déjà préparer une issue fondée sur la combinaison de la force, de la dissuasion et d’un arrangement politique plus large.

En validant publiquement les propos de son officier, l’état-major israélien a donc assumé une vérité moins spectaculaire que les slogans de guerre : au Liban, l’armée peut réduire la menace, déplacer le rapport de force et élargir sa marge de sécurité, mais elle ne promet pas, à ce stade, d’en finir définitivement avec le Hezbollah.

Jforum.fr

La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img