Après des menaces publiques et le déploiement de forces au Moyen-Orient, le président américain envisage une initiative diplomatique inhabituelle contre l’Iran. Trois conditions cruciales, dont la levée pourrait ébranler les fondements du régime. En Israël et en Occident, on estime qu’il pourrait s’agir d’un piège en vue d’une intervention militaire.
JDN – David Feuchtwanger
Après une période de menaces ouvertes d’attaque et de déploiement de forces américaines importantes au Moyen-Orient, il semble que le président américain Donald Trump envisage un changement de tactique sur le terrain iranien. Selon des sources étrangères, le président américain entend proposer au Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, un accord diplomatique de grande envergure visant à prévenir un conflit militaire direct.
Notre correspondant politique, Tamir Morag, a rapporté aujourd’hui (mercredi) que, d’après ces publications, la proposition américaine comporte trois conditions principales, dont la pleine application pourrait être considérée comme une concession stratégique sans précédent de la part de la République islamique.
La première condition est le démantèlement complet du programme nucléaire militaire iranien. Selon certaines sources, Trump exige non seulement un gel ou une supervision, mais aussi un renoncement total à l’enrichissement d’uranium, la remise de tous les matériaux enrichis en possession de l’Iran et le démantèlement physique des installations nucléaires. Cette exigence est bien plus stricte que lors des précédentes négociations.
La deuxième condition concerne les capacités balistiques de l’Iran. Le président américain exige une réduction drastique des capacités de production et de développement, et certaines sources évoquent même une demande de limitation de la portée des missiles afin qu’ils ne constituent pas une menace directe pour l’État d’Israël.
La troisième condition – et peut-être la plus délicate – est la cessation totale du financement du terrorisme et du soutien aux organisations affiliées à l’Iran au Moyen-Orient, notamment le Hezbollah, le Hamas, les Houthis au Yémen et les milices chiites en Irak.
Selon Morag, Khamenei a beaucoup de mal à accepter cet accord. L’accepter reviendrait à renoncer à l’un des deux objectifs principaux du régime : étendre la révolution islamique au-delà des frontières iraniennes. En pratique, même sans changement de direction, il s’agit d’une modification fondamentale de la politique étrangère iranienne, qui vide de sa substance la stratégie régionale que le régime a bâtie pendant des décennies.
Cependant, des sources politiques estiment que Trump pourrait croire que Khamenei acceptera un accord afin d’atteindre le second objectif du régime : sa survie interne et le maintien de son pouvoir en Iran. En revanche, l’opinion la plus répandue est qu’il s’agit d’une manœuvre calculée : une proposition conçue pour être rejetée, légitimant ainsi la communauté internationale à une intervention militaire de grande envergure contre la République islamique.
Quoi qu’il en soit, la décision américaine place l’Iran à un tournant historique : entre un profond renoncement à son identité idéologique et un conflit susceptible de bouleverser le visage de toute la région.
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