Violences entre Palestiniens et civils israéliens
Les images sont brutales et, malheureusement, familières. Sur une route de la brigade d’Etzion, au sud de Bethléem, des civils israéliens et palestiniens se retrouvent face à face, à quelques mètres seulement les uns des autres. Les pierres volent, des cris fusent, des fusils d’assaut apparaissent. En quelques minutes, une altercation de terrain se transforme en scène de violence ouverte, filmée puis diffusée sur les réseaux.
Selon les informations disponibles, l’incident s’est produit en territoire palestinien, dans une zone où se croisent villages palestiniens, routes fréquentées par les résidents israéliens de Judée-Samarie et axes stratégiques contrôlés par l’armée. Alertées par des témoignages faisant état de heurts violents, les forces de Tsahal, la police et les gardes-frontières ont été dépêchés en urgence sur place. La zone a rapidement été déclarée périmètre militaire bouclé afin de tenter de reprendre le contrôle de la situation.
La vidéo montre d’abord deux groupes qui s’avancent l’un vers l’autre, visiblement déterminés à ne pas céder le terrain. Au moins deux civils israéliens portent des fusils d’assaut. L’un d’eux frappe un Palestinien avec la crosse de son arme, sous les hurlements des personnes présentes. Un autre homme, côté palestinien, lance une pierre en direction du groupe israélien. Quelques secondes plus tard, des coups de feu retentissent, et l’un des Israéliens braque son arme en direction du groupe palestinien pour le tenir à distance.
D’autres séquences montrent un Palestinien s’approchant en tenant un objet menaçant, tandis qu’un Israélien lui ordonne de reculer de « deux mètres », arme pointée. Plusieurs personnes – des deux côtés – portent des masques ou des cagoules, un détail devenu fréquent dans ce type d’affrontement pour éviter d’être reconnaissable sur les images. La tension est palpable, chaque geste pouvant faire basculer la scène dans une tragédie encore plus grave.
À l’arrivée des forces de sécurité, les soldats dispersent les protagonistes par la force. Des grenades assourdissantes et, selon certains témoignages, des moyens anti-émeute sont utilisés pour dégager la zone. Un périmètre militaire fermé est établi et les routes alentour sont bloquées. D’après les premières informations, plusieurs civils israéliens ont été blessés mais ont refusé d’être pris en charge sur place, tandis que plusieurs Palestiniens ont été évacués vers des établissements hospitaliers pour y recevoir des soins.
Cet épisode n’est pas isolé. Depuis le déclenchement de la guerre à Gaza en 2023, la violence entre résidents israéliens et Palestiniens s’est nettement intensifiée en Judée-Samarie, y compris autour de Bethléem et du bloc d’Etzion. Des organisations internationales et des agences de l’ONU signalent une forte hausse des incidents impliquant des colons armés et des communautés palestiniennes, parfois lors de conflits liés à l’accès aux terres agricoles ou aux routes. Dans certaines périodes, on parle de plusieurs centaines d’attaques ou d’affrontements en un seul mois.
Parallèlement, la région connaît aussi des attaques menées par des Palestiniens contre des véhicules israéliens ou des axes routiers, avec des tirs, des jets de pierres ou des engins explosifs improvisés. Les autorités israéliennes justifient le renforcement de leur présence dans ces secteurs par la nécessité de protéger les routes et les localités juives. Des responsables sécuritaires ont récemment qualifié la violence de certains groupes de colons d’« intolérable », estimant qu’elle détourne l’armée de sa mission principale et aggrave l’instabilité.
Dans le bloc d’Etzion même, des voix venues du camp sioniste religieux ont commencé à s’élever contre ces dérives, dénonçant des actes qui ne relèvent plus de la « défense » mais de la vengeance ou de l’intimidation, et réclamant une application égale de la loi à tous les fauteurs de troubles, qu’ils soient israéliens ou palestiniens.
L’incident près de Bethléem illustre ainsi une réalité complexe : un territoire fragmenté, où se côtoient civils armés, villages palestiniens, implantations juives et forces de sécurité, et où la frontière entre manifestation, émeute et affrontement paramilitaire est parfois ténue. À chaque flambée de violence, ce sont des familles des deux côtés qui se retrouvent prises au piège, entre routes bloquées, blessés, arrestations et peur de la prochaine confrontation. Tant que la spirale des représailles locales se poursuivra, la mission des forces de sécurité – protéger les civils tout en empêchant l’escalade – restera l’un des défis les plus sensibles du front intérieur israélo-palestinien.
Jforum.fr
Similaire
La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
La source de cet article se trouve sur ce site

