Vingt-quatre heures décisives : en Iran, Trump joue le tout pour le tout ; au Liban, une guerre d’usure s’installe

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Nous voici arrivés aux dernières 24 heures qui pourraient déterminer la suite des événements. Vers quoi nous dirigions-nous : une guerre d’usure, un accord de cessez-le-feu, ou peut-être une opération éclair de démantèlement des actifs du régime iranien ?

Ma’ariv – Avi Ashkenazi 

Israël entame son 38e jour de conflit, soit un peu plus d’un mois et une semaine de guerre. Nous atteignons désormais le moment charnière. Les options sont sur la table : l’usure, la trêve, ou une offensive foudroyante contre les infrastructures du pouvoir iranien. Hier, les propos du président américain Donald Trump étaient sans équivoque : soit l’Iran signe un accord de reddition, soit les États-Unis et Israël lancent des vagues d’attaques destinées à paralyser l’économie iranienne et provoquer l’effondrement du pays.

Le président américain a clairement indiqué qu’il était prêt à « tout faire sauter », incluant les ponts et les axes routiers majeurs, dans l’intention d’isoler Téhéran des autres grandes villes. Parallèlement, le plan prévoit de frapper les infrastructures électriques (centrales et postes de transformation) ainsi que les industries pétrolières et pétrochimiques.

Le « teaser » des derniers jours

Pour bien comprendre la situation, Israël et les Américains ont offert ces derniers jours un avant-goût de ce qui se prépare. Cela a inclus le bombardement du pont stratégique B1 reliant Téhéran à la ville de Karaj. Ce week-end, l’armée de l’air a frappé les complexes pétrochimiques Fajr 1 et 2, Rijal et Amir Kabir à Mahshahr. Il s’agit d’un centre économique colossal : ces usines généraient un bénéfice opérationnel annuel de 18 milliards de dollars, reversé directement dans les coffres du régime.

Trump joue actuellement le tout pour le tout. Il sait qu’il a de bonnes cartes en main, mais il sait aussi que son adversaire n’a plus rien à perdre et jouera jusqu’à son dernier jeton. Les Iraniens comprennent qu’ils ne se dirigeront pas vers une reddition ; ils s’apprêtent à recevoir un nouveau coup dur qui pourrait sacrifier la capacité de gouvernance du régime.

En réaction, Téhéran a activé deux leviers ces dernières 24 heures :

  1. Menaces régionales : L’Iran menace ses voisins de frapper leurs installations critiques (dessalement d’eau, centrales électriques, raffineries).

  2. Représailles directes : De nouveaux tirs ont visé des zones sensibles en Israël : Ramat ‘Hovav dans le Néguev, Dimona et la baie de ‘Haïfa.

Un missile a touché une usine à Ramat ‘Hovav (notre photo), causant des dégâts non négligeables. À ‘Haïfa, un missile iranien a percé les systèmes de défense aérienne — qui ont échoué à l’intercepter — pour frapper un quartier résidentiel du centre du Carmel. En réponse aux menaces américaines, l’Iran pourrait intensifier aujourd’hui ses tirs vers le nord et le sud d’Israël pour tenter d’imposer une nouvelle équation.

Le front libanais : vers une extension de l’offensive

Israël a l’intention d’étendre ses frappes au Liban, au-delà du seul sud du pays. L’objectif est d’exercer une pression massive pour briser la guerre d’usure qui s’est installée au nord.

Cependant, Israël fait face à de sérieux problèmes. Tout d’abord, l’État et Tsahal n’étaient pas pleinement préparés à cette campagne. Des lacunes sont apparues : manque de renseignements (Aman), pénurie d’avions, désorganisation au sein du Commandement Nord, défaillances majeures au Commandement du Front intérieur et problèmes de communication de l’unité du Porte-parole de l’armée.

À l’origine, Tsahal prévoyait une action d’envergure au Liban avant de s’attaquer à l’Iran (offensive au Liban en hiver, en Iran en été). Mais les manifestations à Téhéran ont poussé Tsahal à changer de trajectoire, gelant le plan libanais pour avancer l’attaque contre l’Iran.

Concernant les lacunes du renseignement, le général Rafi Milo, commandant du Front Nord, a admis cette semaine qu’il y avait « un fossé entre ce que nous pensions et ce que nous avons trouvé » face au Hezbollah. Tsahal se retrouve à tenter une défense active tout en subissant des salves de 250 missiles de divers types tirés par le Hezbollah depuis le nord du Litani vers les forces au sol et les localités israéliennes.

Le Commandement Nord a déployé des forces massives — quatre divisions au combat et une en réserve — mais après 38 jours, il ne parvient pas à obtenir des résultats militaires provoquant l’effondrement de l’adversaire. Sur le terrain, on ne sent pas encore le Hezbollah aux abois : les lancements de roquettes ne faiblissent pas, et la pression réelle sur le gouvernement libanais à Beyrouth reste insuffisante.

Les différents corps d’armée :

  • Armée de l’air : Focalisée sur l’Iran, elle considère le Liban comme un théâtre secondaire. Elle n’y déploie pas toute sa puissance, se concentrant sur le soutien aux troupes au sol et des frappes ciblées à Beyrouth et dans la plaine de la Bekaa.

  • Commandement du Front intérieur : Tsahal savait qu’il agirait en Iran et au Liban, et que les habitants de la ligne de front ne seraient pas évacués cette fois-ci. Il aurait fallu réaliser un audit du blindage et des abris dans toutes les localités frontalières avant la guerre. Tsahal envoie ses soldats en avant, mais la protection des civils (pose d’abris mobiles devant les maisons non protégées à Misgav Am, Avivim ou Zar’it) aurait dû être la priorité. Cela aurait réduit l’inquiétude des commandants et brisé l’équation du Hezbollah, qui prend les habitants du Nord en otages pour forcer l’arrêt des combats.

  • Porte-parole de Tsahal : Ce week-end, l’armée a annoncé que les combats se poursuivraient au moins après le jour de l’Indépendance (Yom Ha’atsmaout) et prévoit de doubler la durée du service de réserve. Un effort minimal de coordination des attentes avec le public israélien aurait été nécessaire, mais il se fait toujours attendre.

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