Les opposants à Netanyahou, au sein de l’opposition et des médias, ont prouvé depuis longtemps que la victoire dans la guerre ne les intéresse pas, pas plus que le sort des soldats de Tsahal — aucun leader de l’opposition n’ayant réagi à l’annulation de l’acte d’accusation contre les combattants de la Force 100.
Ma’ariv – Matti Tuchfeld
Après une longue période de rupture, trois fidèles de Netanyahou ont réintégré le bureau du Premier ministre en l’espace de quelques jours. Deux d’entre eux en avaient été écartés par la contrainte : Yonatan Urich et Tzachi Braverman. Le troisième, Ron Dermer, revient par choix. Ce qui aurait pu n’être qu’une brève information de coulisses est en réalité un véritable séisme pour ceux qui ont tout fait pour isoler Netanyahou de ses collaborateurs, lui imposant des débats judiciaires futiles en plein conflit pour faire de lui un « canard boiteux » au sein de son propre bureau.
Les détracteurs de Netanyahou ont démontré que la victoire finale n’était pas leur priorité. Personne n’a jugé bon de critiquer le fait qu’il est inacceptable, en temps de guerre, d’éloigner un Premier ministre de ses conseillers les plus proches, limitant ainsi sa capacité de fonctionnement à un moment aussi critique.
Une obstruction judiciaire dénoncée
Même derrière des arguments juridiques, l’opposition ne peut plus se cacher. S’ils l’avaient voulu, ils auraient pu s’appuyer sur les décisions du juge Mena’hem Mizra’hi, qui a statué à plusieurs reprises qu’il n’y avait aucune justification réelle à l’éloignement prolongé des collaborateurs de Netanyahou. Mais leur désir de nuire au Premier ministre est tel qu’ils semblent prêts à sacrifier les intérêts du pays et la conduite de la guerre. La perspective d’empêcher Urich d’approcher Netanyahou, même en période électorale, les séduisait plus que tout, au point d’en perdre leur bon sens.
Des atouts stratégiques
Braverman, Urich et Dermer sont des atouts majeurs pour Netanyahou, surtout aujourd’hui. Depuis leur éloignement, des sources proches du Premier ministre rapportaient que le bureau fonctionnait en sous-régime. Le retour de Braverman et Urich, couplé à l’engagement surprise de Dermer (qui avait pourtant envisagé de se retirer), constitue un succès immense pour Netanyahou. C’est une petite victoire personnelle totale, et un camouflet pour ses adversaires.
Ceux qui l’ont attaqué pour ne pas avoir nommé de remplaçants l’auraient critiqué encore plus durement s’il n’était pas resté fidèle à ses hommes. Ce sont les mêmes qui applaudissaient lorsqu’Ehud Olmert nommait un ministre des Finances soupçonné de détournement de fonds « parce que c’était un ami », sans aucune gêne. Ils crient au scandale face aux « lois de discorde » à la Knesset, mais acclament la Cour suprême lorsqu’elle débat de la destitution d’un ministre sans soupçons concrets, en pleine guerre, pour la première fois dans l’histoire du pays.
Le décalage du système judiciaire
Le département des grâces du ministère de la Justice a écrit dans son avis concernant Netanyahou que, face aux enjeux sécuritaires, diplomatiques et internationaux, il se trouvait en difficulté faute de connaissances nécessaires pour les prendre en compte. Ce court paragraphe résume toute l’histoire du système judiciaire israélien de ces dernières années : une vision étroite, comme à travers le trou d’une serrure, face à des dirigeants ayant une vision globale.
Zéro responsabilité, mais cent pour cent d’autorité. Ils sont incapables de voir un millimètre au-delà de leur bulle juridique, ignorant l’espace de considération requis pour une direction élue. S’ils sortaient la tête de leur forteresse blindée, Braverman et Urich seraient revenus depuis longtemps. Mais pour cette « noblesse » déconnectée, c’est apparemment trop demander.
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