US Army ; Frappes massives, stocks fragilisés
L’intensification de la campagne américaine contre l’Iran semble entrer dans une nouvelle phase, à la fois plus technologique et plus coûteuse. Selon un rapport publié ces derniers jours, Washington s’apprêterait à engager la quasi-totalité de son stock de missiles furtifs JASSM-ER, des armes de croisière à longue portée conçues pour frapper à distance des cibles fortement défendues. L’information, qui n’a pas été confirmée publiquement par le Pentagone, illustre néanmoins la brutalité d’un conflit qui use rapidement les arsenaux les plus sophistiqués et pèse déjà sur les équilibres militaires américains dans d’autres régions.
Le recours massif à ces missiles n’est pas anodin. Le JASSM-ER permet de frapper loin, tout en limitant l’exposition directe des équipages américains. C’est précisément cette logique qui a dominé jusqu’ici : détruire des infrastructures iraniennes en gardant les plateformes de tir hors de portée immédiate. Mais le conflit a rappelé que la supériorité aérienne n’efface pas tous les risques. La perte d’un F-15E au-dessus de l’Iran, les dommages subis par d’autres appareils et les tirs iraniens contre des moyens de secours ont montré que le ciel iranien restait dangereux, malgré la dégradation d’une partie de la défense antiaérienne du pays. Dans le même temps, l’usage croissant de B-52 volant au-dessus du territoire iranien avec des bombes guidées moins coûteuses suggère que Washington estime certaines zones plus accessibles qu’au début de la campagne.
Ce basculement pose une autre question, moins visible mais stratégique : celle des stocks. D’après les informations rapportées, plus de 1 000 JASSM-ER auraient déjà été employés en quatre semaines, alors que Lockheed Martin ne prévoit d’en produire que 396 en 2026, avec une montée en puissance théorique pouvant atteindre 860 unités par an. Le contraste est brutal : en quelques semaines de guerre, la consommation semble dépasser très largement le rythme annuel de reconstitution. La même tension frappe les Tomahawk, également utilisés en nombre, au point que certaines livraisons prévues pour des alliés seraient désormais menacées de retard. Derrière l’image d’une puissance de feu illimitée, la réalité industrielle réapparaît : même les États-Unis ne remplacent pas instantanément des arsenaux brûlés à ce rythme.
En face, l’Iran conserve encore des capacités de nuisance. Des rapports régionaux évoquent plus de 1 600 missiles balistiques lancés et plusieurs milliers de drones ou missiles de croisière de type Shahed engagés depuis le début de l’affrontement. Les évaluations récentes indiquent que l’arsenal balistique iranien a été entamé, mais pas neutralisé. Autrement dit, les frappes américaines et israéliennes ont réduit la menace sans la faire disparaître. C’est ce décalage qui alimente désormais les spéculations : poursuite des frappes, pression accrue sur des infrastructures stratégiques, voire extension du conflit à de nouveaux objectifs.
Pour l’heure, une chose se dessine clairement : la guerre ne se joue plus seulement sur le champ de bataille, mais aussi dans les chaînes de production, les réserves de missiles et la capacité à tenir dans la durée. L’enjeu n’est plus seulement de frapper fort, mais de savoir combien de temps une telle cadence peut être soutenue sans affaiblir d’autres priorités stratégiques américaines.
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