Une juge d’instruction parisienne a été saisie pour enquêter sur des frais d’hôtel de luxe où ont séjourné des dirigeants de France Télévisions – dont la présidente, Delphine Ernotte Cunci – lors du festival de Cannes en mai 2023, à la suite de plaintes d’un syndicat de l’audiovisuel, a-t-on appris mercredi 11 février 2026 de sources proches du dossier.
Contacté par l’AFP, France Télévisions s’est dit « parfaitement serein », en assurant que « pas un euro d’argent public » n’a été « dépensé » pour ces hébergements. L’information judiciaire a pourtant été ouverte pour détournement de biens publics et abus de biens sociaux, selon l’une des sources proches du dossier, confirmant une information du média La Lettre.
Explosion des plafonds
L’affaire porterait sur plus de 110.000 euros de frais d’hôtel de luxe réglés, d’après le syndicat plaignant, par France Télévisions au profit de plusieurs de ses dirigeants, dont Delphine Ernotte Cunci, et de deux fondateurs du média en ligne Brut, partenaire du groupe public lors du festival de Cannes.
Une « somme extravagante », qui dépasserait « très largement le plafond spécifique autorisé de 350 euros », d’après la plainte du syndicat national des personnels de la communication et de l’audiovisuel CFE-CGC, dont l’AFP a eu connaissance. Le syndicat se base sur des factures qui avaient été publiées de manière anonyme sur internet.
Une pratique prétendument courante
Depuis que l’affaire a été révélée, France Télévisions a toujours assuré, au contraire, n’avoir pas déboursé un euro mais bénéficié de ces chambres grâce à la pratique du « barter », qui consiste à recevoir des services en échange d’espaces publicitaires invendus.
Une position réaffirmée par Delphine Ernotte Cunci le 10 décembre 2025, devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, dans le cadre de laquelle elle avait été interrogée sur le sujet par le rapporteur Charles Alloncle (UDR) et la députée RN Caroline Parmentier.
Des « échanges » qui interrogent
Selon France Télévisions il s’agit d’une « pratique courante, légale et utilisée par tous les médias ». Le syndicat avait déposé une première plainte au parquet en février 2024, puis une plainte avec constitution de partie civile trois mois plus tard, pour obtenir la désignation d’un juge d’instruction.
Notre dossier « France Télévisions »
« Il était grand temps que la justice se penche sur ce dossier », a déclaré à l’AFP son secrétaire général, Jean-Jacques Cordival, qui se dit sceptique sur un « soi-disant échange « Chambres d’hôtel 4 étoiles contre pub » ». « Nous nous attendons à ce que Delphine Ernotte Cunci soit personnellement entendue », a ajouté l’avocat du syndicat, Me Pierre-Olivier Lambert.
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