Une coalition kurde veut peser face à Téhéran

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Une coalition kurde veut peser face à Téhéran

Un tournant politique s’opère au sein de l’opposition kurde iranienne. Cinq formations majeures ont officialisé la création d’une coalition commune destinée à coordonner leurs efforts contre le régime de la République islamique. L’annonce, faite lors d’une conférence de presse dont les images ont circulé sur les réseaux sociaux, marque une étape supplémentaire dans un processus de rapprochement amorcé depuis plusieurs mois.

Les organisations engagées dans cette alliance sont le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI), le Parti de la vie libre du Kurdistan (PJAK), le Parti de la liberté du Kurdistan (PAK), le Parti Komala du Kurdistan dirigé par Reza Kaabi, ainsi que l’Organisation Khabat du Kurdistan iranien. Cette nouvelle structure, présentée sous le nom de « Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien », vise à dépasser les rivalités historiques entre factions et à instaurer une plateforme de coopération permanente.

La conférence de presse a réuni plusieurs figures connues du mouvement kurde iranien. Mustafa Hijri, dirigeant du PDKI, était présent, tout comme Hussein Yazdanpanah, chef du PAK, vêtu d’un uniforme kurde vert rappelant les engagements militaires de son mouvement. Une représentante du PJAK, formation connue pour promouvoir la parité hommes-femmes et pour la place importante qu’y occupent les combattantes, participait également à l’événement. Les responsables arboraient des vêtements traditionnels kurdes, symbole d’une identité revendiquée.

Le rapprochement entre ces partis n’est pas improvisé. Ils avaient auparavant mis en place un centre de dialogue destiné à faciliter les échanges stratégiques. Le passage d’un cadre consultatif à une coalition structurée témoigne d’une volonté de renforcer leur influence politique, notamment dans un contexte régional marqué par les tensions persistantes entre Washington et Téhéran.

Le PAK, dirigé par Yazdanpanah, s’est illustré par son engagement militaire contre l’organisation État islamique aux côtés des forces peshmergas du gouvernement régional du Kurdistan en Irak. Ses combattants ont participé à la défense de secteurs stratégiques autour de Kirkouk et de Bashiqa, ainsi qu’à l’offensive pour reprendre la plaine de Ninive. Cette expérience militaire nourrit aujourd’hui la crédibilité de certains acteurs de la coalition, qui mettent en avant leur discipline et leur capacité organisationnelle.

Dans leur déclaration commune, les cinq partis affirment avoir mis de côté leurs différends passés pour coordonner leurs actions politiques et médiatiques. Ils ont publié une nouvelle charte qui insiste sur la démocratie, la justice, l’égalité entre femmes et hommes et le droit à l’autodétermination du Kurdistan iranien, souvent désigné comme le « Kurdistan oriental ». Le texte prévoit également des mécanismes destinés à administrer d’éventuelles « zones libérées », signe que les signataires envisagent divers scénarios d’évolution politique.

La coalition affirme par ailleurs soutenir une transformation démocratique à l’échelle de l’Iran et se dit prête à coopérer avec d’autres mouvements d’opposition. Elle évoque la création d’une structure unifiée pour gérer les relations internationales et renforcer sa visibilité diplomatique.

Cette initiative intervient après une période de manifestations et de tensions internes en Iran, au cours desquelles de nombreux Kurdes ont été touchés par la répression. En s’unissant, ces partis espèrent peser davantage dans les équilibres futurs et consolider une représentation politique kurde plus cohérente sur la scène régionale et internationale.

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